100 milliards de dirhams de chantiers financés hors budget

Par LNT
LGV Kénitra-Marrakech ONCF

Un rapport de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État détaille les montages retenus pour porter environ 105,5 milliards de dirhams d’investissements ferroviaires, aéroportuaires et autoroutiers sans recourir au budget général. L’agence évalue à près de 100 milliards de dirhams l’allègement correspondant pour les finances publiques.

Le volet ferroviaire est le plus lourd, avec 53 milliards de dirhams destinés à l’extension de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech et aux réseaux express régionaux de Casablanca, Rabat et Marrakech. L’essentiel du financement, soit 48 milliards de dirhams, serait emprunté par cinq régions, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi, auprès d’un consortium bancaire. La dette serait libellée en dirhams, ce qui écarte le risque de change, et le montage vise à éviter la garantie souveraine. L’État apporterait 5 milliards de dirhams sous forme de fonds de dotation. Les consultations préliminaires ont fait apparaître un intérêt potentiel supérieur à 50 milliards de dirhams. L’Office national des chemins de fer contribuerait au service de la dette, existante et nouvelle, une fois l’extension de la ligne à grande vitesse mise en service et la montée en charge du trafic constatée.

Le volet aéroportuaire mobilise 38 milliards de dirhams, dont 25 milliards pour l’extension des capacités et 13 milliards pour la mise à niveau et l’acquisition de terrains. Les redevances d’occupation dues à l’État seraient titrisées sur vingt ans pour dégager 5 milliards de dirhams de fonds de dotation. Vingt-cinq milliards seraient levés à l’extérieur sans garantie de l’État, par émissions obligataires auprès notamment d’investisseurs institutionnels, prêts bancaires et concours de bailleurs multilatéraux, le solde de 8 milliards provenant de l’autofinancement.

Le volet autoroutier représente 14,5 milliards de dirhams à l’horizon 2032, hors grosses réparations, pour l’autoroute continentale entre Rabat et Casablanca et l’achèvement de l’axe Tit Mellil-Berrechid. La titrisation sur vingt ans des redevances d’occupation dues à l’État permettrait une augmentation de capital de 7 milliards de dirhams, le solde reposant sur des émissions obligataires sans garantie publique et sur des prêts bancaires locaux. Titrisations et émissions alterneraient, le renforcement des fonds propres étant censé améliorer la capacité d’endettement ultérieure.

Ces schémas déplacent la charge plutôt qu’ils ne la suppriment, puisque les dettes contractées restent à rembourser par les opérateurs et par les régions emprunteuses, dont les ressources propres ne sont pas détaillées dans le rapport.

Le même document rappelle que le portefeuille géré par l’agence représente 95% de la valeur ajoutée des établissements et entreprises publics.

LNT

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