Politique

CASABLANCA, CASA NEGRA !

par Fahd YATA | le 9 septembre 2020


Casablanca, la grande métropole économique du pays, est au-devant de la scène sanitaire depuis plusieurs jours et il y a fort à parier que cela durera encore quelques semaines…

Elle bat tous les records d’infections au coronavirus, notamment en termes de nouveaux cas et de décès, loin devant les autres agglomérations nationales, au point où les autorités ont décidé, entre autres mesures, un branle-bas de combat pour renforcer son dispositif de prévention et de lutte contre le Covid-19, en dotant les structures hospitalières de moyens humains et matériels additionnels.

La situation est si préoccupante qu’un confinement partiel a été décrété dimanche dernier, avec couvre-feu général de 22 heures à 5 heures du matin et horaires réduits pour les commerces, bars, restaurants, et autres catégories de services.

De plus, la ville est fermée, avec interdiction d’en sortir ou d’y entrer, sauf exceptions générées par des autorisations spéciales délivrées au compte-gouttes par les services compétents.

Ce bilan, rapidement fait, n’indique qu’un seul constat, l’échec des autorités publiques dans la prévention du virus depuis le déconfinement de juin dernier.

On aura beau incriminer les Casablancais, dont nombreux n’ont pas voulu respecter les mesures barrière, le port du masque ou la distanciation sociale, in fine, c’est l’État qui est responsable parce qu’il a à sa charge la santé des citoyens, y compris à leur corps défendant !

Cela se prouvera facilement dès que le confinement partiel aura produit ses premiers résultats, comme cela avait été le cas durant la première période de mars à juin dernier.

Mais ne pouvait-on pas éviter d’en arriver là notamment en faisant preuve d’une plus grande diligence et d’une mobilisation renforcée durant les semaines précédentes ?

Aujourd’hui, c’est littéralement une situation kafkaïenne que vivent nos concitoyens, à Casablanca certes, mais également dans d’autres régions du pays où le virus est toujours virulent et actif.

La plus pertinente des preuves en a été administrée par l’incroyable cafouillage qui a caractérisé la rentrée scolaire le lundi 7 septembre.

Malgré des articles de presse, des avis éclairés de plusieurs spécialistes, des points de vue de parents, le Ministère de l’Éducation nationale a balayé d’un revers de main tous les arguments qui militaient pour un report de la rentrée des classes de plusieurs semaines au moins dans l’attente d’une meilleure situation sanitaire.

Cette position était d’autant renforcée par les choix parentaux qui privilégiaient à 80% l’enseignement présentiel, mais aussi la position des écoles privées très réfractaires, pour des raisons financières essentiellement, à l’enseignement à distance.

Mais la réalité, l’amère réalité d’une extension des cas infectieux, a contraint le MEN à décider le report de la rentrée des classes pour Casablanca qui, on le sait, représente au moins 20% de la population nationale, mais aussi pour toutes les zones et quartiers fermés du pays.

Résultat de tout cela, c’est dimanche 6 septembre au soir, à quelques heures de la rentrée scolaire que les parents ont appris le report de le rentrée présentielle, ce qui impliqua pour eux des désagréments majeurs en termes d’organisation pour la garde de leurs progénitures, entre autres.

Ce que l’on constate donc à la faveur des derniers évènements, telle la rentrée des classes avortée, la célébration tronquée de l’Aïd El Adha, l’ouverture « à la carte » des frontières, les décisions administratives de fermeture des commerces et autres restaurants ou hammams, c’est que le gouvernement montre à l’opinion publique une désorganisation profonde qui se traduit par l’improvisation et les oukases de dernière minute.

Et lorsque le chef du gouvernement se met en quête de s’adresser aux Marocaines et Marocains, son discours manque de conviction, de force et de persuasion !

On attendra donc que la situation s’améliore pour l’agglomération casablancaise et toutes les autres dans le même cas, ce qui arrivera forcément si la rigueur nouvellement instaurée et constatée se poursuivait sans relâche tout au long des jours prochains.

Mais reconnaissons une chose au moins, c’est qu’il sera difficile de confiner, (partiellement ou totalement), puis de déconfiner plusieurs fois de suite, tant les conséquences économiques et sociales sont lourdes avec ce « yo-yo » sanitaire !

Fahd YATA