Politique

Campagne électorale 2026 : La dure conquête des quartiers chauds de Casablanca…  

Casablanca

Les candidats qui ont préféré aller chercher des voix auprès des habitants de la capitale économique, auront certainement du pain sur la planche.  Le contexte socio-économique très compliqué de l’heure en est certainement pour quelque chose !

Fief des jeunes du GZ, mais aussi et surtout d’une population de plus en plus déçue, mais aussi mature et ouverte sur le monde, ainsi que mieux outillée pour dissocier le bon grain de l’ivraie, la ville de Casablanca, ses quartiers populaires et périphériques notamment, seront difficile à convaincre, la population souffrant d’une cadence urbaine de plus en plus difficilement supportable.

Casablanca, c’est aussi cette métropole qui concentre les véritables problématiques urbaines et socioéconomiques du pays, notamment le chômage, la santé, l’école, l’habitat décent, l’aménagement, la mobilité, l’anarchie urbaine… La ville concentre également les quartiers périphériques parmi les plus pauvres du Royaume. Autrement dit, gagner la confiance des Bidaouis dans un contexte pareil semble être chose ardue… presque « mission impossible » !

Comment effectivement convaincre une population engloutie dans la misère, la marginalisation, la pauvreté et la déception profonde d’aller voter pour tel ou tel candidat ? A Hay Moulay Rchid, Sidi Moumen, Salmia, Lahraouiyyine, Chichane, Ben M’sik, S’bata, Ain Chok, Hay Hassani, Bernoussi… les candidats des partis sont appelés, le temps d’une campagne, à prendre leur mal en patience.

Samedi 12 septembre, vers 19 h30. Dans un quartier de la périphérie, les environs de Lalla Meriem. Autour d’un verre de thé dans un café populaire, Mahjoub et Abdelfettah (chômeurs), ainsi Ghnioua (le serveur) résument, entre autre, l’essentiel des préoccupations les plus pressantes d’une bonne partie des citoyens de ce patelin casablancais .

« Je ne sais pas vraiment ce que ces élections vont changer à ma vie… Je n’ai pas un travail stable, ni de logement et aucune chance d’avoir ni l’un ni l’autre », annonce ce dernier. « Pensez-vous que les gens qui vivent la même situation que nous et qui manquent de tout, vont voter ? », se demande Mahjoub. Quant à Ghnioua, il se veut catégorique : »Je n’ai aucune envie de voter pour qui que ce soit. Je suis certain qu’avec ou sans ma voix, ce sont les mêmes têtes que nous allons trouver…De toute façon, les élections législatives au Maroc ne profitent pas aux citoyens et n’ont jamais pu changer quoi que ce soit à notre quotidien qui ne cesse de se compliquer pour les gens comme nous qui ont du mal à assurer leur gain-pain au jour le jour ».

En somme, pour tous ces trois,  le social et l’économique tant négligés par les politiques seraient à l’origine du mépris de l’action politique. Le non renouvellement des élites politiques pendant de longues années a fini par ancrer la culture du doute et de la méfiance vis-à-vis de la classe politique.

A ce niveau, il est quand même important de rappeler que les Marocains ont tout testé politiquement. Les socialistes de l’USFP, les conservateurs de l’Istiqlal, la Lampe ‘‘magique’’ et les Moulchekara. Résultats : on continue de vivre les mêmes problématiques d’antan, à savoir un hôpital qui ‘‘tue’’, une école inefficace, une université qui sort des chômeurs, des administrations jugées toujours aussi oligarchiques et bureaucratiques… Résultats, beaucoup de citoyens se disent qu’il vaut mieux boycotter !

Mais est-ce une solution ? Telle est la grande interrogation. Car pour beaucoup, ce serait certainement une grosse erreur dans la mesure où l’abstention laisserait le champ libre aux opportunistes, aux gros poissons, aux intouchables d’hier et autres carriéristes de mettre le pied au Parlement. Et là, le mal serait déjà fait.

Sur un autre registre, il est quand même important de constater que quelques jours seulement exactement après le lancement officiel de la campagne électorale, à Casablanca, celle-ci n’a toujours pas atteint son apogée. L’ambiance ne ressembe guère à celle d’une campagne électorale en perspective d’un scrutin qualifié de décisif pour tous. En un mot, c’est toujours calme à Casablanca.

Visiblement, les aspirants aux sièges parlementaires au niveau de la métropole ne se pressent pas au traditionnel porte-à-porte ni à la distribution de programmes électoraux de leur parti.

Mais il semble que ce n’est que durant le week-end prochain que le train de la campagne pour amadouer l’électeur prendra sa vitesse de croisière avant le finish de la campagne prévu pour la nuit du mardi 22 septembre. En attendant, les postulants ménagent leurs forces. En ce qui concerne la partie sur les rivalités, on peut dire sans risque de se tromper ce volet n’a pas connu de nouveauté par rapport au scrutin législatif de 2007.

Cela étant, les confrontations directes entre ténors et autres dirigeants des formations politiques n’auront pas lieu dans la capitale économique. Dans la plupart des circonscriptions, les batailles se limiteront principalement entre les représentants déjà en place et les challengers qui ne manqueront pas d’essayer de bousculer les « favoris » à leur propre succession.

Est-ce à croire que la machine électorale casablancaise est assez rodée pour reproduire les mêmes résultats ? Réponse dans quelques jours !

H.Z

Les articles Premium et les archives LNT en accès illimité
 et sans publicité