L'ex-conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton, le 1er mai 2019 à la Maison Blanche © AFP/Archives Brendan Smialowski

Politique

Bye bye Mister Bolton

le 10 septembre 2019


C’est une très belle surprise qui nous arrive des États-Unis et plus précisément de Washington et, encore plus précisément, de la Maison Blanche.

En effet, dans un tweet dont il a le secret, le Président Donald Trump a sauvagement, mardi 10 septembre, sacqué son principal Conseiller à la sécurité nationale, le dénommé John Bolton, indiquant au passage que ses idées étaient incompatibles avec celles de la présidence américaine.

On ne saurait cacher notre satisfaction d’une telle nouvelle, Bolton étant depuis très longtemps un des personnages les plus hostiles à notre cause nationale sacrée au sein des cercles officiels américains.

Il avait été dans les premières années de sa carrière dans l’Administration républicaine, l’adjoint du secrétaire d’État James Baker sous la présidence de Ronald Reagan et, à ce titre, n’avait jamais admis que James Baker, devenu Représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, soit conduit à la démission quand son plan de règlement avait été sèchement récusé par le Royaume.

Plus tard, sous la présidence de Bush père, il avait été l’un des plus fervents partisans de l’invasion de l’Irak et l’état déplorable du monde arabe actuellement lui doit donc beaucoup.

Bolton était considéré comme un réel danger pour la politique extérieure américaine par plusieurs think tanks proches de l’Administration Obama qui n’appréciaient pas ses commentaires ultra-conservateurs lorsqu’il officiait comme commentateur politique au sein de la très réactionnaire chaîne de TV Fox.

Revenu aux affaires avec la présidence Trump, placé à un poste des plus importants, celui de Conseiller à la Sécurité nationale, il était considéré comme un va-t-en guerre féroce, partisan des attaques préventives contre l’Iran, le Venezuela de Maduro, d’une opposition totale à tout dialogue entre Washington et Moscou ou encore hostile aux avances de Trump envers la Corée du Nord.

Concernant la question du Sahara marocain, dossier dont il s’était arrogé la charge, il avait des idées très arrêtées, et c’est sous son impulsion directe que les États-Unis avaient imposé la réduction du mandat de la Minurso de moitié pour le ramener à six mois.

Bolton ne soutenait pas vraiment l’option marocaine d’autonomie élargie pour nos provinces du Sud et chacun se rappellera les efforts conséquents de la diplomatie royale pour, à chaque échéance onusienne, empêcher que l’Administration américaine ne tombe dans des travers fatals pour notre pays.

Comme son ancien maître et mentor James Baker, qui avait toujours eu un faible pour l’Algérie depuis qu’il avait présidé aux destinées du lobby gazier et pétrolier texan, aux fortes accointances avec la Sonatrach algérienne, Bolton était sensible à la centralité géographique de l’Algérie et, surtout, à son régime soumis à la férule de l’armée.

De plus, il estimait qu’il était du devoir des États-Unis de sortir Alger de l’orbite de Moscou et considérait que le Maroc était non un pays ami, mais un pays acquis, quoi qu’il puisse arriver !

Voilà pourquoi on se réjouira ouvertement de son départ car il sera sans doute difficile aujourd’hui de trouver dans l’Administration Trump quelqu’un de plus hostile que lui envers la question du maintien de nos provinces sahariennes dans le giron de la mère patrie.

On se réjouira également de ce départ pour la préservation de la paix mondiale car Bolton était effectivement un faiseur de guerres.

Il est certain que les actes et décisions du Président Trump ne sont pas souvent à notre modeste convenance, mais pour cette fois, on n’hésitera pas à lui dire « well done Mister Président » !

Et si Donald Trump a fini par se débarrasser de Bolton, c’est sans doute parce que même l’actuel locataire de la Maison Blanche ne pouvait accepter encore plus longtemps « Bolton » la menace…

Fahd YATA