La Commission européenne a présenté mardi une vision pour la pêche et l’aquaculture à l’horizon 2040, destinée à fixer l’orientation du secteur pour les quinze prochaines années. La filière emploie plus de 200 000 personnes dans l’Union, dont environ 124 500 dans la pêche et près de 76 000 dans l’aquaculture, hors transformation et distribution.
Le document s’articule autour de six priorités : des écosystèmes sains, la transition énergétique, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, la stimulation de la demande, le soutien aux producteurs et l’accès au financement, et la coopération internationale.
Sur le financement, la Commission propose une dotation minimale réservée de 2 milliards d’euros pour les fonctions essentielles de la politique commune de la pêche dans le cadre financier pluriannuel 2028-2034. Il s’agit d’une proposition soumise aux négociations budgétaires, non d’une enveloppe acquise, dans un contexte où le sommet européen des 15 et 16 octobre s’est achevé sans accord sur ce cadre.
La transition énergétique est séquencée. Jusqu’en 2030, l’accent porte sur l’efficacité énergétique et les carburants propres. À partir de 2030, le déploiement des technologies à émissions faibles ou nulles s’accompagnerait de financements et d’une modernisation de la flotte. La traçabilité numérique de tous les produits doit être assurée d’ici 2029.
Le volet extérieur concerne directement les pays tiers. La Commission annonce une stratégie d’action extérieure, un renforcement de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, et une nouvelle génération d’accords de partenariat pour une pêche durable. Elle s’engage à protéger la chaîne de valeur européenne contre ce qu’elle qualifie de concurrence mondiale déloyale.
Cette dernière orientation intéresse le Royaume, dont l’accord de pêche avec l’Union, suspendu depuis l’expiration du protocole en juillet 2023 puis fragilisé par les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne d’octobre 2024, demeure sans successeur. La perspective d’une nouvelle génération d’accords fournit un cadre à une éventuelle reprise des négociations, dont le calendrier n’est pas annoncé.
Le secteur halieutique marocain emploie directement plus de 200 000 personnes et les produits de la mer figurent parmi les premiers postes d’exportation du Royaume vers l’Union.
LNT