Finance

Bourse de Casablanca : les revenus des sociétés cotées progressent de 7,3 % au T1-2026, portés par les mines

Par LNT
Bourse de Casablanca

Les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca ont enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 87,7 milliards de dirhams au premier trimestre 2026, en hausse de 7,3 % par rapport à la même période de l’année précédente, selon une analyse publiée par BMCE Capital Global Research. Cette progression a été principalement soutenue par la bonne dynamique du secteur minier et par les performances du secteur des assurances, tandis que les établissements financiers ont affiché un recul de leurs revenus.

D’après l’étude, les revenus globaux du marché sont passés de 81,8 milliards de dirhams au premier trimestre 2025 à 87,7 milliards de dirhams un an plus tard. Cette évolution reflète notamment la hausse de 10,4 % du chiffre d’affaires des sociétés industrielles, alors que les revenus des compagnies d’assurance et de courtage ont progressé de 24,3 %. À l’inverse, les revenus des institutions financières ont reculé de 4,1 % sur la période.

Les mines, principal moteur de croissance

Selon BMCE Capital Global Research, le secteur minier a constitué le principal contributeur à la croissance des revenus du marché au cours du trimestre. Les analystes attribuent cette performance à la montée en puissance de nouveaux projets industriels ainsi qu’à l’évolution favorable des cours des métaux précieux et des métaux de base.

Le groupe Managem s’est particulièrement distingué avec une progression de 147,5 % de son chiffre d’affaires trimestriel, atteignant 5,75 milliards de dirhams contre 2,32 milliards un an auparavant. Cette évolution s’explique notamment par la montée en régime des projets Boto et Tizert ainsi que par un environnement de marché favorable.

Le secteur minier dans son ensemble a vu ses revenus progresser de 132,8 %, à 6,5 milliards de dirhams.

Les activités financières pénalisées par les revenus de marché

À l’opposé, les établissements financiers ont connu un début d’année plus difficile. Leur produit net bancaire agrégé s’est établi à 24,1 milliards de dirhams, en baisse de 4,1 % par rapport au premier trimestre 2025.

Cette évolution est principalement liée à une contraction des revenus issus des opérations de marché, dans un contexte de comparaison défavorable avec le premier trimestre 2025, qui avait bénéficié des effets de l’assouplissement monétaire intervenu l’année précédente. Les analystes soulignent toutefois que les revenus récurrents demeurent orientés à la hausse, avec une progression de près de 8 % des marges d’intérêt et des commissions.

Parmi les principales banques cotées, Attijariwafa bank a enregistré une hausse de 2,9 % de son produit net bancaire trimestriel, tandis que Crédit du Maroc a progressé de 4,2 %. En revanche, la Banque Centrale Populaire a vu ses revenus reculer de 17,6 %, alors que Bank of Africa a affiché une baisse de 2,2 %.

Forte progression du secteur des assurances

Le secteur des assurances a pour sa part enregistré la plus forte croissance parmi les grands compartiments de la cote. Les primes émises ont atteint plus de 10 milliards de dirhams, en hausse de 24,3 % sur un an.

Cette évolution a été principalement portée par Wafa Assurance, dont les revenus ont progressé de 45,9 %, grâce notamment à une forte collecte dans les activités d’épargne et de prévoyance.

Un début d’année marqué par des effets calendaires

BMCE Capital Global Research note également que les taux de réalisation des objectifs annuels apparaissent légèrement inférieurs à ceux observés à la même période de l’année précédente. Les revenus du périmètre étudié représentent ainsi 21,8 % des prévisions annuelles, contre 23,3 % un an auparavant.

Selon les analystes, ce décalage s’explique notamment par la concentration du mois de Ramadan et de l’Aïd au cours du premier trimestre ainsi que par les fortes précipitations qui ont affecté certaines activités, en particulier dans le secteur des matériaux de construction.

Les investissements repartent à la hausse

Les investissements des sociétés cotées ont connu une progression significative au cours des trois premiers mois de l’année. L’enveloppe globale des dépenses d’investissement a atteint 6,2 milliards de dirhams, en hausse de 28,8 % par rapport au premier trimestre 2025.

Le secteur du transport s’est imposé comme le premier contributeur avec près de 2,5 milliards de dirhams d’investissements, principalement sous l’effet des projets menés par Marsa Maroc dans le cadre de l’extension des capacités portuaires et des préparatifs liés au port Nador West Med.

Les télécommunications arrivent en deuxième position avec 1,3 milliard de dirhams investis par Maroc Telecom, tandis que le secteur minier a consacré près de 964 millions de dirhams à la poursuite de plusieurs projets de développement.

Une dette nette en progression

Sur le plan bilanciel, la dette nette des sociétés cotées hors financières s’est établie à 72,9 milliards de dirhams à fin mars 2026, contre 69,7 milliards de dirhams à fin 2025, soit une hausse de 4,5 %.

Cette progression est principalement attribuée aux opérateurs télécoms, dont la dette nette représente 26 % du total, ainsi qu’aux sociétés minières qui concentrent 16 % de l’endettement observé. Les analystes soulignent notamment la poursuite des investissements dans les infrastructures télécoms ainsi que le financement des projets de développement miniers et énergétiques.

SB

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