Bourita renvoie à Madrid la responsabilité des retours de migrants

Par LNT
Nasser Bourita

Le ministre des Affaires étrangères a affirmé jeudi à New York que le non-retour des migrants en situation irrégulière et des mineurs relevait exclusivement de la responsabilité de l’Espagne, au lendemain d’échanges avec son homologue José Manuel Albares en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

« Si les migrants illégaux et les mineurs ne sont pas retournés, il ne faut pas poser la question au Maroc », a déclaré Nasser Bourita devant la presse. Il a rappelé la position du Royaume, qu’il décrit comme claire sur le retour de l’ensemble des migrants en situation irrégulière et des mineurs non accompagnés.

L’argument est procédural autant que politique. Les retours supposent l’identification des personnes, la délivrance de laissez-passer consulaires et l’organisation matérielle des transferts, chaîne dont les premiers maillons relèvent des autorités du pays où se trouvent les intéressés. Le ministre situe donc le blocage dans l’exécution espagnole plutôt que dans la coopération marocaine.

Il a par ailleurs critiqué les responsables politiques espagnols formulant des accusations qu’il qualifie de sans fondement, estimant qu’un partenariat efficace suppose d’éviter « les réquisitoires infondés et la rhétorique stérile ». La migration, le partenariat et les relations de voisinage ne peuvent, selon lui, se gérer par des déclarations inflammatoires.

Cette mise au point intervient après une séquence tendue. Plus de 70 000 personnes avaient franchi la clôture de Sebta fin juillet, et le gouvernement espagnol a fait état de 5 321 retours volontaires depuis le 10 août. La question est devenue un objet de politique intérieure espagnole, Pedro Sánchez ayant lui-même écarté toute responsabilité marocaine et dénoncé une instrumentalisation par l’opposition conservatrice.

Le Parlement européen a de son côté adopté une résolution appelant Rabat et Madrid à accélérer les procédures d’éloignement. Le ministre a réaffirmé le partenariat migratoire noué en 2022, tout en dissociant sa mise en œuvre des polémiques qui l’entourent.

LNT

Les articles Premium et les archives LNT en accès illimité
 et sans publicité