Blé tendre : le soutien aux importations reprend le 16 septembre

Par LNT
blé

L’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses réactive à compter du 16 septembre son mécanisme de soutien forfaitaire aux importations de blé tendre, applicable jusqu’au 31 décembre. La mesure répond à une collecte nationale limitée à quelque 6 millions de quintaux, très en deçà de l’objectif de 15 millions.

Le dispositif repose sur une prime calculée à partir de l’écart entre le coût du blé importé rendu moulin et un prix de référence fixé à 270 dirhams le quintal. Ce coût de revient est réévalué chaque mois par une commission réunissant les départements de l’Agriculture et des Finances ainsi que l’Office, à partir de trois paramètres : les cotations internationales, le coût du fret maritime et la parité du dirham face au dollar. Le versement s’effectue en deux temps, 80% du montant au titre des volumes importés et le solde de 20% conditionné aux quantités effectivement livrées aux minoteries industrielles.

La reprise du soutien prolonge une architecture mise en place ces dernières campagnes pour amortir l’effet de récoltes irrégulières sur le prix de la farine et du pain. La suspension observée durant l’été, destinée à protéger l’écoulement de la production nationale au moment de la moisson, a réduit les stocks des opérateurs. Selon les éléments diffusés à l’appui de la décision, la collecte de blé tendre d’origine nationale ne couvre qu’environ 12% des besoins annuels de la minoterie industrielle, ce qui fait de l’importation la variable d’ajustement quasi exclusive du quatrième trimestre.

Le contexte international complique l’équation. Le fret céréalier depuis les ports du golfe du Mexique vers le Maroc s’est renchéri à 45,75 dollars la tonne, une progression directement liée à la tension sur les taux d’affrètement et au surcoût des soutes consécutif à la hausse des cours du pétrole. Le baril de Brent évolue au-dessus de 100 dollars depuis le début du mois, ce qui pèse mécaniquement sur les deux composantes du coût de revient retenues par la commission, le fret et, par ricochet, le change.

Le choix du prix de référence de 270 dirhams le quintal reste le paramètre décisif. Il détermine à la fois le coût budgétaire du dispositif et le prix auquel les minoteries s’approvisionnent, donc la stabilité du prix de la farine nationale de blé tendre subventionnée. Une remontée durable des cotations internationales au-delà des niveaux actuels élargirait l’écart à compenser et alourdirait la charge pour le Trésor, à quelques semaines de la préparation de la prochaine loi de finances.

Pour les opérateurs, la fenêtre du 16 septembre au 31 décembre fixe un horizon de visibilité de trois mois et demi. Elle laisse en suspens la question du premier trimestre 2027, période durant laquelle l’état des cultures d’automne et le niveau des pluies conditionneront l’ampleur des achats à l’étranger.

LNT

Consultez librement toutes nos parutions hebdomadaires, nos hors-série et toutes les communications financières