Beyrouth sous la menace : Israël pousse le Liban au bord de l’embrasement malgré les appels internationaux

Par LNT
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Une nouvelle fois, la banlieue sud de Beyrouth retient son souffle. Lundi, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a ordonné à l’armée israélienne de préparer des frappes contre la Dahiyé, bastion du Hezbollah dans la capitale libanaise, provoquant un mouvement de panique parmi les habitants et ravivant le spectre des destructions massives qui ont déjà marqué l’histoire récente du Liban.

Face à cette nouvelle escalade, la France a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Le président français Emmanuel Macron a estimé que « rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud Liban », alors que la région est déjà fragilisée par des mois de guerre, de déplacements de populations et d’effondrement économique.

Le communiqué israélien justifie cette décision par de prétendues « violations répétées du cessez-le-feu » par le Hezbollah. Pourtant, sur le terrain, de nombreuses voix dénoncent une stratégie israélienne qui semble dépasser largement le cadre d’une réponse militaire ciblée. Depuis plusieurs jours, l’armée israélienne progresse plus profondément dans le sud du Liban, multipliant les opérations terrestres et aériennes malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée depuis.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, les scènes observées après l’annonce israélienne rappellent les heures les plus sombres des précédentes guerres. Des centaines de familles ont quitté précipitamment leurs logements, entassant quelques affaires dans des voitures ou fuyant à pied, craignant une répétition des bombardements qui ont déjà ravagé plusieurs quartiers ces derniers mois. Des habitants interrogés par les médias ont évoqué une « panique générale » et la peur de voir la capitale libanaise replonger dans le chaos.

Cette menace intervient dans un contexte particulièrement lourd. Selon les autorités libanaises, plus de 3.400 personnes ont déjà été tuées depuis la reprise des hostilités et plus d’un million de personnes ont été déplacées à travers le pays.

Au-delà de l’argument sécuritaire avancé par Tel-Aviv, plusieurs observateurs pointent une stratégie plus large visant à exercer une pression maximale sur l’environnement civil du Hezbollah. La banlieue sud de Beyrouth, zone densément peuplée où vivent des centaines de milliers de personnes, est régulièrement présentée par les responsables israéliens comme une cible légitime. Certains responsables politiques israéliens sont même allés jusqu’à déclarer que cette zone pourrait « ressembler à Khan Younès », référence à l’une des villes les plus dévastées de Gaza.

Ces déclarations ravivent le débat autour de la « doctrine Dahiya », stratégie militaire associée à l’usage d’une force écrasante dans des zones urbaines considérées comme favorables à des groupes armés. Cette doctrine est régulièrement dénoncée par des juristes et organisations de défense des droits humains qui y voient une remise en cause du principe fondamental de distinction entre civils et combattants.

L’histoire récente de la Dahiyé nourrit également les inquiétudes. En 2006 déjà, une grande partie de cette banlieue avait été réduite en ruines sous les bombardements israéliens. Plus récemment, plusieurs frappes massives ont de nouveau détruit des quartiers entiers et provoqué d’importantes pertes humaines.

Pendant ce temps, les efforts diplomatiques apparaissent impuissants. Les États-Unis poursuivent des discussions avec l’Iran pour tenter de contenir l’embrasement régional, tandis que Beyrouth cherche à éviter une guerre totale dont le Liban, déjà exsangue économiquement, pourrait difficilement se relever.

La réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sera donc observée avec attention. Mais pour de nombreux Libanais, la question est désormais simple : combien de temps la communauté internationale continuera-t-elle à appeler à la retenue sans parvenir à empêcher que Beyrouth ne devienne, une nouvelle fois, le théâtre d’une destruction annoncée ?

 

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