L’intoxication collective est survenue mercredi à proximité du souk hebdomadaire. Vingt-sept personnes ont regagné leur domicile après traitement, treize sont restées en observation et deux cas graves, dont un enfant, ont été transférés vers un centre hospitalier universitaire de Casablanca. Le matériel et les produits du vendeur ont été saisis.
Les faits se sont produits le 9 septembre à Berrechid, aux abords du souk hebdomadaire. Les personnes touchées avaient consommé du saykouk, préparation traditionnelle associant lait fermenté et semoule d’orge, acheté auprès d’un vendeur ambulant.
Les symptômes rapportés sont ceux d’une toxi-infection alimentaire collective : vomissements, vertiges, douleurs abdominales aiguës et diarrhées.
Sur les quarante-quatre patients pris en charge, vingt-sept ont pu regagner leur domicile après traitement, treize sont restés en observation et deux cas graves, dont un enfant, ont été transférés vers un centre hospitalier universitaire de Casablanca. Deux autres personnes se sont adressées à des cliniques privées.
Les autorités locales, les responsables médicaux et le bureau municipal d’hygiène ont saisi le matériel et les produits du stand. Des échantillons ont été adressés au laboratoire afin d’identifier l’origine de la contamination et d’établir les défaillances éventuelles de conservation ou de préparation. Le vendeur a été entendu dans le cadre de l’enquête.
Le produit en cause présente une vulnérabilité particulière. Le lait fermenté constitue un milieu favorable au développement bactérien dès que la chaîne du froid est rompue, et sa préparation avec de la semoule ajoute un substrat supplémentaire. Vendu sur la voie publique en fin d’été, à des températures qui atteignaient encore 42 à 45 degrés dans plusieurs provinces la semaine dernière, il cumule les facteurs de risque.
L’épisode n’est pas isolé. Des intoxications collectives liées au même produit ont été signalées à plusieurs reprises, et des cas de grande ampleur sont régulièrement enregistrés lors de rassemblements, notamment de mariages.
La difficulté est structurelle. Le contrôle sanitaire des circuits formels relève de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, mais la vente ambulante de produits laitiers préparés échappe pour l’essentiel à ce dispositif, faute de point de contrôle identifiable. Le souk hebdomadaire, qui concentre l’activité commerciale d’un bassin de population sur une journée, constitue de ce point de vue le lieu où le risque se concentre.
LNT
