Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement a annoncé que sa formation ne participerait pas au prochain gouvernement, au lendemain d’un scrutin qui lui a rendu 54 sièges après l’effondrement de 2021.
Abdelilah Benkirane soutient que son parti constitue le véritable grand vainqueur du scrutin, en dépit de la première place obtenue par le Parti authenticité et modernité. Il estime qu’une participation aboutirait à une configuration gouvernementale déséquilibrée et juge le futur exécutif peu fiable, qualifiant de dangereux un gouvernement conduit par le PAM et mettant en doute sa capacité à tenir ses objectifs.
Il a par ailleurs fait état d’irrégularités, affirmant que des acteurs partisans étaient intervenus dans le déroulement des opérations de vote, sans préciser la nature ni l’ampleur des faits allégués. Aucune procédure contentieuse n’a été annoncée à ce stade, les recours relevant des commissions de recensement puis de la Cour constitutionnelle.
Sur le registre personnel, le dirigeant islamiste a distingué ses relations avec Fouzi Lekjaa, qu’il décrit comme cordiales, de son opposition politique, qu’il fonde sur des différences idéologiques.
La posture n’est pas sans précédent dans l’histoire du parti, mais elle intervient dans une configuration nouvelle. Le PJD avait dirigé deux gouvernements entre 2011 et 2021 avant d’être ramené à 13 sièges. Sa remontée à 54 élus en fait la quatrième force parlementaire, position d’où il peut structurer une opposition sans porter la responsabilité de l’action gouvernementale.
L’annonce simplifie par ailleurs l’équation de la coalition. Elle retire du jeu la seule combinaison qui aurait supposé un rapprochement entre deux formations que tout oppose, et renvoie la négociation aux partis de la majorité sortante.
Le conseil national du parti devait se réunir samedi pour évaluer les résultats et arrêter ses orientations.
LNT