Bank of Africa lance “PME Invest by BOA”, une offre intégrée pour accompagner l’investissement des TPME
Bank of Africa (BOA) a lancé, lundi à Casablanca, “PME Invest by BOA”, une offre intégrée destinée à accompagner les projets d’investissement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). Présentée comme une approche “One Stop Shop”, l’offre combine plusieurs leviers : solutions de financement adaptées, mécanismes de cofinancement avec Tamwilcom, accès aux primes à l’investissement via les Centres régionaux d’investissement (CRI), ainsi qu’un programme d’appui et des conditions de financement incitatives. Le lancement a été marqué par un événement institutionnel organisé sous le thème : “TPME : une charte, des engagements renouvelés et un écosystème mobilisé”, en présence de partenaires tels que le CRI Casablanca-Settat, Tamwilcom, l’AMDIE et Maroc PME.
Une TPME au cœur du récit de transformation économique
Dans son intervention, Khalid Nasr, directeur général exécutif de BOA-BMCE Group, a replacé l’annonce dans une lecture plus large de la conjoncture et des priorités publiques. Selon lui, la TPME représente “plus de 95% de notre tissu productif” et “emploie plus des trois quarts des emplois formels”, tout en restant insuffisamment intégrée dans les flux d’investissement. Il a décrit la dynamique actuelle comme une transformation profonde, où l’investissement doit être perçu non comme une simple contrainte financière, mais comme un signal de confiance dans l’avenir.
Le dirigeant a insisté sur l’ambition de BOA de se positionner au-delà du rôle de bailleur de fonds, en revendiquant une posture de partenaire de long terme de l’entrepreneur : ingénierie financière, accompagnement opérationnel et mise en relation avec des écosystèmes nationaux et internationaux. La nouvelle Charte de l’investissement est présentée, dans ce discours, comme un cadre structurant qui rend l’intervention publique plus lisible et plus ciblée, notamment autour de l’emploi stable, du soutien aux régions et de la priorisation des secteurs.
C’est dans cette logique que BOA a formalisé “PME Invest by BOA”, décrite par Khalid Nasr comme une offre qui “contient le financement”, mais aussi “le cofinancement avec des dispositifs publics”. Il a également mis en avant des conditions tarifaires avantageuses et l’accès à un réseau élargi, dans l’idée de réduire les frictions qui freinent souvent l’investissement des TPME : montage de dossiers, compréhension des dispositifs, articulation entre la banque, l’administration et les organismes d’appui.
BOA prévoit, par ailleurs, de décliner cette démarche dans les territoires. Khalid Nasr a annoncé une série de rencontres régionales à travers les différentes régions du Royaume, afin de renforcer la proximité et l’ancrage territorial de la banque, et d’accompagner la diffusion des opportunités offertes par la Charte.
Des premiers résultats prometteurs
Intervenant au nom du ministère de l’Investissement, Ghali Skalli, directeur général de l’Investissement et du Climat des affaires, a salué le lancement de l’offre, en le situant dans une dynamique de mobilisation collective entre l’État, les banques et le secteur privé. Il a rappelé que les TPE/TPME portent la dynamique économique quotidienne mais restent confrontées à des défis persistants : accès au financement, structuration, montée en gamme, formalisation et intégration dans les chaînes de valeur.
Le représentant du ministère a mis en avant des premiers indicateurs d’activité du dispositif TPME issu de la Charte : près de 130 demandes de conventions déposées à date, représentant plus de 1,7 milliard de dirhams d’investissement et une perspective de plus de 6.500 emplois directs et indirects. Il a également insisté sur la dimension territoriale : plus de 60% des projets et du volume d’investissement seraient situés en dehors de l’axe classique El Jadida–Tanger, un signal présenté comme un début de rééquilibrage.
Sur l’opérationnalisation, le ministère insiste sur une approche déconcentrée : les CRI jouent un rôle de point d’entrée unique, chargé d’instruire les demandes et de coordonner l’écosystème régional afin de réduire les délais et de rapprocher la décision du terrain. Dans cette perspective, l’offre “PME Invest by BOA” est présentée comme un prolongement bancaire aligné sur la Charte, apportant des solutions plus lisibles selon les phases de développement de l’entreprise.
Du côté du patronat, Samia Terhzaz, directrice générale déléguée de la CGEM, a rappelé que les TPME constituent le socle du tissu entrepreneurial, mais que leur contribution à la création de valeur et à l’investissement reste en deçà de leur poids. Elle a cité un sondage réalisé auprès des membres de la CGEM selon lequel plus de 60% des entreprises continuent de faire face à des difficultés d’accès au financement bancaire. Ces difficultés, a-t-elle précisé, ne relèvent pas uniquement du coût du crédit ou du niveau des fonds propres, mais tiennent aussi à des obstacles structurels : gouvernance, transparence financière, structuration, traçabilité et capacité à présenter des projets “crédibles” et “pérennes”.
Mme Terhzaz a insisté sur l’idée que les incitations et subventions, bien que nécessaires, ne suffisent pas à elles seules : l’enjeu est également celui de l’accompagnement, de la préparation des entreprises aux exigences des financeurs et de la construction de trajectoires de croissance. Elle a rappelé l’engagement de la CGEM, aux côtés de Tamwilcom, de Bank Al-Maghrib, du GPBM et des banques, dans une charte nationale dédiée à l’amélioration de l’accès au financement des très petites entreprises, visant à développer des produits mieux adaptés et à assurer un suivi régulier.
Détails du dispositif TPME
Le dispositif TPME de la Charte vise ainsi des projets d’investissement portés par des TPME créant des emplois stables et produisant des biens et services, avec des avantages pouvant atteindre jusqu’à 30% du montant de l’investissement primable selon les cas.
Les conditions d’éligibilité côté entreprise incluent notamment un chiffre d’affaires compris entre 1 et 200 millions de dirhams sur l’une des trois dernières années (avec un régime spécifique pour les entreprises nouvellement créées), et des conditions liées au capital, dont un plafond de détention pour éviter qu’une grande entreprise (au-delà de 200 millions de dirhams de chiffre d’affaires) ne contrôle plus de 25% du capital.
Côté projet, quatre critères majeurs ont été détaillés : un investissement compris entre 1 million et moins de 50 millions de dirhams, un ratio emploi/capex supérieur à 1,5 (avec un ratio spécifique pour le tourisme), l’appartenance à une liste de secteurs prioritaires définie par territoire et région, et une mobilisation de fonds propres d’au moins 10%. Les primes évoquées incluent une prime liée à l’emploi stable (de 5% à 10%), une prime territoriale (variable selon les zones, avec des cas spécifiques par province), et une prime liée aux activités prioritaires (annoncée à 10%). Le versement est structuré en deux phases, avec un premier déblocage à 50% de réalisation de l’investissement, puis un second après respect des engagements, notamment en matière d’emplois sur une durée de référence.
Selim Benabdelkhalek
