Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur inchangé à 2,25%

Par LNT
Bank al maghreb BAM

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM), réuni mardi à Rabat, a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%.

« Tenant compte de l’évolution prévue de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme, de la consolidation de la dynamique de l’activité économique et de la forte incertitude entourant les perspectives économiques à l’échelle internationale, le Conseil a jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25% », indique BAM dans un communiqué sur la 2è réunion trimestrielle de 2026 de son Conseil.

Le Conseil continuera de suivre de près la conjoncture interne et externe et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées.

Au niveau national, les répercussions du conflit au Moyen-Orients ont perceptibles notamment sur la facture énergétique et les prix des carburants qui ont connu un accroissement annuel en mai de 27,6%, relève le conseil de BAM.

Cette augmentation, ainsi que celle de l’inflation importée globalement, devraient se traduire par une nette accélération de l’inflation domestique, qui resterait toutefois modérée à moyen terme.

Ainsi, après avoir évolué autour de 0,8% au cours des deux années précédentes, l’inflation atteindrait, selon les prévisions actualisées de Bank Al-Maghrib, 1,5% en moyenne cette année et 2,1% en 2027.

Pour sa part, l’inflation sous-jacente serait limitée à 0,2% en 2026, reflétant principalement une contraction des prix de sa composante alimentaire, notamment ceux de l’huile d’olive. En 2027, avec la dissipation de cet effet et la hausse de l’inflation importée, elle s’accélérerait à 2,9%.

Dans le même sens, les anticipations d’inflation se sont inscrites en hausse limitée. Les experts du secteur financier, interrogés au cours du deuxième trimestre de 2026 dans le cadre de l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib, tablent sur un taux moyen de 2,2%, aussi bien à l’horizon de 8 trimestres qu’à celui de 12 trimestres.

Par ailleurs, BAM estime que la croissance de l’économie nationale ressortirait en accélération de 4,9% en 2025 à 5,2% cette année, puis s’établirait, en raison de l’effet de base, à 3,1% en 2027.

Après un accroissement de 8,2% en 2025, la valeur ajoutée agricole marquerait un rebond de 16% cette année tenant compte d’une récolte céréalière estimée par le Département de l’Agriculture à 90 millions de quintaux. Elle devrait ensuite accuser un recul de 7,6% en 2027 sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne.

Pour les activités non agricoles, leur rythme devrait se consolider à 4,2% en moyenne en 2026 et en 2027, après 4,5% en 2025.

Sur le volet des comptes extérieurs, la flambée des cours des produits pétroliers et de certains intrants, ainsi que la poursuite de l’effort d’investissement, devraient peser sur le solde commercial.

Ainsi, du côté des importations, la facture énergétique s’alourdirait de 26% à 135 milliards de dirhams (MMDH), avant de revenir à 114,4 MMDH en 2027, et les acquisitions de biens d’équipement progresseraient de 12,3% en 2026 puis de 9,3% en 2027 pour avoisiner 245 MMDH.

Du côté des exportations, après un repli de 1,8% en 2025, les expéditions du secteur automobile augmenteraient graduellement pour atteindre 190,8 MMDH en 2027, tandis que pour le phosphate et ses dérivés, les ventes afficheraient une hausse de 8,5% puis de 2,4% à 110,9 MMDH en 2027.

En parallèle, les recettes de voyages poursuivraient leur dynamique notable, passant de 138,6 MMDH en 2025 à 161,1 MMDH en 2027, et les transferts des MRE se consolideraient au cours de la même période de 122 MMDH à près de 130 MMDH.

Le déficit du compte courant connaitrait, dans ces conditions, un net creusement, passant de 2,4% du PIB en 2025 à 4% cette année avant de s’atténuer à 3,8% en 2027.

S’agissant des recettes d’IDE, leur évolution reste entourée d’une forte incertitude, les projections tablant sur un flux annuel équivalent à 3,5% du PIB. Au total, et tenant compte notamment des financements extérieurs prévus du Trésor, les avoirs officiels de réserve continueraient de se renforcer pour ressortir à 542 MMDH en 2027, assurant l’équivalent de 6 mois et 9 jours d’importations de biens et services.

Pour ce qui est des conditions monétaires, le besoin de liquidité des banques se creuserait davantage, passant de 131,7 MMDH en 2025 à 143 MMDH en 2027, sous l’effet principalement de la progression prévue de la circulation fiduciaire.

S’agissant du crédit bancaire au secteur non financier, son rythme devrait, au regard de l’évolution prévue de l’activité économique et des anticipations du système bancaire, connaître une nette accélération, passant de 4,8% en 2025 à 6,8% cette année avant de revenir à 6,1% en 2027.

Quant à la valeur du dirham, les évaluations trimestrielles réalisées par Bank Al-Maghrib indiquent qu’elle reste globalement alignée avec les fondamentaux économiques. Sur le même registre, le taux de change effectif réel devrait, après une appréciation de 2% en 2025, se déprécier de 3,6% cette année et de 0,8% en 2027.

Au plan des finances publiques, l’exécution budgétaire au titre des cinq premiers mois de l’année fait ressortir une augmentation de 8% des recettes ordinaires et un alourdissement de 12,2% des dépenses globales, traduisant essentiellement un accroissement de celles au titre des biens et services et des intérêts de la dette.

Tenant compte des réalisations, des données de la Loi de Finances 2026 et de la programmation budgétaire triennale 2026-2028 ainsi que de l’ouverture par le Gouvernement de crédits supplémentaires d’un montant de 20 MMDH, le déficit budgétaire, hors cessions des participations de l’Etat, devrait, selon les projections de Bank Al Maghrib, s’atténuer à 3,4% du PIB cette année et à 3,3% en 2027.

 

LNT avec Map

Consultez librement toutes nos parutions hebdomadaires, nos hors-série et toutes les communications financières