Le Maroc devra mobiliser quatorze milliards neuf cents millions de dollars par an, soit sept virgule six pour cent de son produit intérieur brut, à l’horizon 2030, pour financer la transformation structurelle de son économie. L’estimation figure dans le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement consacré au Royaume, qui reprend les travaux antérieurs de l’institution.
Les infrastructures concentrent l’essentiel de ce besoin, avec dix milliards trois cent cinquante millions de dollars par an, devant l’énergie, à deux milliards trois cents millions. À l’horizon 2063, le besoin annuel refluerait à deux milliards six cents millions de dollars, soit un virgule trois pour cent du produit intérieur brut.
L’institution panafricaine recommande d’élargir l’assiette fiscale et de rationaliser les dépenses fiscales, qu’elle évalue à deux pour cent du produit intérieur brut, et d’intégrer le secteur informel, estimé à trente-trois virgule cinq pour cent du produit intérieur brut sur la période 2015-2020. Elle plaide pour un approfondissement du marché des capitaux, un développement de la finance participative, qui ne représente que deux virgule un pour cent des actifs bancaires, et une meilleure mobilisation de l’épargne institutionnelle.
Le rapport appelle également à étendre les partenariats public-privé à la santé, à l’éducation, à la gestion des déchets, au transport, à la logistique et à la décarbonation. Il recommande enfin de réduire les frais de transfert des Marocains résidant à l’étranger, dont les envois ont atteint treize milliards quatre cents millions de dollars en 2025.
Le document ne chiffre ni la part attendue du secteur privé dans l’effort de financement, ni l’écart entre les ressources actuellement disponibles et le besoin identifié. Le volet climatique n’y apparaît pas de manière distincte, mais à travers le marché carbone, les obligations vertes et la décarbonation de l’appareil productif.
LNT