Crédits photo : Ahmed Boussarhane/LNT

Société

Aux masques, citoyens !

le 15 juillet 2020


Les dernières nouvelles sur le front de la lutte contre la Covid-19 ne sont guère rassurantes !

Alors que le Royaume a dépassé « allègrement » les 16 000 cas et que le nombre de décès augmente de façon inquiétante, les autorités ont dû recourir à des mesures de confinement partiel pour plusieurs quartiers et notamment à Béni Makada, un des quatre arrondissements de Tanger, connu pour sa densité démographique très forte.

Autre information préoccupante et passablement scandaleuse, un pourcentage important des contaminations décelées au cours des jours derniers provient de milieux industriels, au point où le ministre de l’Intérieur a convoqué les dirigeants de la CGEM pour une mise en garde très ferme.

Il est vrai que les cas enregistrés en milieu professionnel et leurs cas contacts représentent 47% des cas cumulés depuis le début du déconfinement progressif, ce qui a induit la fermeture de 514 entreprises industrielles ou commerciales dans plus de trente quatre préfectures et provinces du pays.

Autre sujet de préoccupation, l’avertissement sévère du ministre de la Santé Aït Taleb qui s’inquiète fortement du relâchement constaté au niveau du respect des mesures de distanciation sociale et des gestes barrières, avec la relance de la promiscuité (plages, transports publics, zones commerciales, etc.), et l’abandon du port du masque par de nombreux citoyens.

Cette situation délétère au niveau sanitaire se produit alors que les mosquées ont rouvert leurs portes le mercredi 15 juillet et que l’Aïd El Adha sera célébrée le 31 juillet prochain.

Ainsi, progressivement mais de façon quasiment exponentielle, tous les acquis de la période de confinement sont en train de s’effilocher, essentiellement à cause du manque de civisme, de l’irresponsabilité chez les citoyens, mais aussi du refus de certains patrons d’appliquer sérieusement les mesures préventives dictées par les autorités.

On comprend ainsi que les conditions objectives et subjectives du déclenchement d’une seconde vague de contaminations dans tout le pays sont en train de se mettre en place, menaçant de ce fait les précieux acquis enregistrés depuis mars dernier dans la lutte contre la pandémie du coronavirus.

Pourtant, comme on le sait, les dégâts économiques et sociaux causés par la période de confinement sont déjà très élevés et le Royaume ne pourrait se permettre d’imposer une nouvelle mesure de ce type qui serait catastrophique pour le quotidien de notre population, les fondamentaux de l’économie et les minima sociaux.

Malheureusement donc, l’heure est à la sévérité, aux contrôles renforcés dans les unités de production et dans les quartiers, mais aussi à la poursuite des campagnes de sensibilisation au sein de la population afin que chacun mesure les dangers qui nous menacent tous !

On ne pourra donc faire, dans ces conditions, l’économie de mesures qui seront appliquées grâce au recours de la force publique, par essence impopulaires, mais indispensables dans la conjoncture actuelle !

Alors certes, on peut comprendre la lassitude de nombre de citoyens, notamment la jeunesse, les conditions de précarité et d’insalubrité qui affectent la vie de tous les jours pour des millions de nos compatriotes, mais, entre deux maux, il faut choisir le moindre, c’est-à-dire l’intransigeance totale envers les violations des règles destinées à préserver la santé de tous les Marocaines et Marocains.

La Covid-19 n’est pas une « grippette », c’est un virus qui tue et qui tue encore, comme le montrent les dizaines de milliers de morts enregistrés aux États-Unis, au Brésil, en Inde, etc.

Nous avions cru que le Royaume avait su profiter des mesures très strictes imposées dès la mi-mars et cela a été effectivement le cas jusqu’au déconfinement qui a été mal perçu par plusieurs secteurs de la population.

Un retour à la situation ante Covid n’est pas d’actualité et ce virus continuera de nous menacer tant qu’un traitement efficace ou un vaccin n’auront pas été mis au point, ce qui, selon les spécialistes, ne sera pas effectif avant 2021 !

Dans l’intervalle, malgré les chaleurs de l’été, la volonté de profiter des joies de la plage, le désir des jeunes de « s’éclater », les contraintes de la vie quotidienne, la nécessité pour les petits métiers et l’informel de chercher des moyens de subsistance, il faudra impérativement continuer à se prémunir de l’infection.

Dans cet ordre d’idées, à côté des mesures obligatoires anti-Covid, l’État devra continuer, avec diligence, d’aider les démunis, les défavorisés, tous ceux qui, objectivement, sont les premières cibles de la pandémie.

Le masque, encore le masque, toujours le masque, voilà le mot d’ordre de l’heure et pour de nombreux mois encore !

Fahd YATA