Le Sommet « Karamah 2026 » s’est clôturé dimanche à Fès, après deux journées de travaux réunissant des responsables politiques, diplomates, chercheurs et universitaires issus de plusieurs pays. Organisé par l’Association mondiale de la culture et du patrimoine (WACH International), en partenariat avec l’Institute for Cultural Diplomacy et le Centre international Nizami Ganjavi, l’événement s’est tenu sous le thème « Le dialogue des civilisations au cœur de la dignité humaine ».
Les échanges ont porté sur les liens entre culture, patrimoine et dignité humaine dans un contexte international marqué par des mutations climatiques, technologiques et géopolitiques. Les participants ont discuté des leviers permettant de renforcer la coopération internationale à travers la culture, ainsi que du rôle du patrimoine dans les dynamiques de paix et de développement.
Le programme a été structuré autour de plusieurs panels consacrés notamment à la médiation culturelle, à la préservation du patrimoine, à l’investissement touristique et à l’ingénierie patrimoniale, ainsi qu’à la diplomatie culturelle et aux approches de prévention des conflits. La question d’une gouvernance éthique fondée sur les principes de la « Karamah Diplomacy » a également été abordée.
Dans le cadre du panel dédié à l’ingénierie du patrimoine et à l’investissement touristique, le Directeur général de la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (SMIT), Imad Barrakad, a présenté une approche du tourisme centrée sur son impact territorial et social. Il a estimé que le secteur ne se limite pas à une industrie de services, mais constitue également un levier de transformation économique, culturelle et sociale.
Il a souligné que, dans un contexte de concurrence accrue entre destinations, la différenciation repose de plus en plus sur l’authenticité des territoires, la valorisation du patrimoine et la capacité à créer des expériences porteuses de sens.
Selon cette approche, la performance d’un projet touristique ne se mesure pas uniquement à ses indicateurs économiques, mais aussi à sa contribution à la reconnaissance des territoires, à la création de valeur locale et à l’inclusion des populations. Trois dimensions ont été mises en avant : la valorisation du patrimoine matériel et immatériel, la redistribution des retombées économiques et l’intégration des acteurs locaux dans les dynamiques de développement.
La SMIT, bras opérationnel de l’État en matière d’ingénierie touristique, accompagne la structuration et la mise en œuvre de projets d’investissement à travers l’identification d’opportunités, le développement de produits touristiques et la mobilisation des acteurs publics et privés. Elle contribue également à la diversification de l’offre touristique nationale, notamment dans les segments culturel, naturel et expérientiel
Les échanges ont mis en avant la transformation progressive du patrimoine en levier de développement économique et territorial. Au-delà de sa dimension de conservation, il est de plus en plus intégré dans des stratégies d’investissement à travers la réhabilitation des médinas, la valorisation de sites historiques et la création d’expériences culturelles.
Au terme de deux journées de débats et de réflexions, la « Déclaration de Fès » sur la dignité humaine et l’humanisme universel a été adoptée dimanche 14 juin. Elle rend hommage à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en matière de co-développement, décrite comme une approche fondée sur la coopération entre partenaires égaux, le respect mutuel et la reconnaissance de l’égale dignité des nations et des peuples. Le texte appelle à placer cette notion au cœur des politiques publiques et de la gouvernance mondiale, et plaide pour l’élaboration d’une déclaration universelle dédiée à ce principe sous l’égide des Nations unies et de l’UNESCO.
AL
