Une migrante avec son bébé au camp de réfugiés de l'île grecque de Samos le 13 novembre 2019 © AFP ANGELOS TZORTZINIS

International

Athènes va remplacer les trois plus gros camps de migrants par des structures fermées

le 20 novembre 2019


Athènes a annoncé mercredi la fermeture prochaine des trois plus grands camps de migrants sur les îles égéennes de Lesbos, Samos et Chios, et leur remplacement par des structures fermées triplant les capacités d’accueil, qui restent toutefois insuffisantes.

« Décongestionner les îles est la priorité à ce stade », a déclaré le coordinateur spécial du gouvernement pour les migrations, Alkiviadis Stefanis, lors d’une conférence de presse.

Les trois camps surpeuplés de Lesbos, Samos et Chios, qui abritent actuellement plus de 27.000 migrants pour une capacité totale de 4.500, seront fermés à une date qui n’a pas été précisée. Pour les remplacer, des structures fermées de 5.000 places chacune seront érigées sur ces trois îles proches de la Turquie, a précisé M. Stefanis. Soit 15.000 places au total.

Au lieu d’être autorisés d’aller et venir librement sur les îles, les demandeurs d’asile seront enfermés à l’intérieur des nouveaux camps le temps de les identifier, d’étudier leur statut et de décider leur relocalisation ou leur retour en Turquie, a-t-il ajouté.

Les deux autres camps de Kos et Leros, dont les conditions sont moins dramatiques, seront rénovés et élargis, a-t-il précisé.

Le gouvernement grec de Kyriakos Mitsotakis a commencé à transférer des centaines de demandeurs d’asile des îles égéennes vers le continent, avec l’objectif d’en relocaliser 20.000 d’ici la fin 2019.

Mais la grogne monte chez les habitants du continent. Et des centaines d’exilés continuent d’affluer quotidiennement.

Le ministère de la Protection du citoyen a annoncé que 40.000 personnes étaient arrivées en Grèce ces quatre derniers mois. Plus de 1.350 personnes sont arrivées sur les cinq îles de la mer Egée le week-end dernier, selon les garde-côtes grecs.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a accusé l’Union européenne de considérer la Grèce et les autres pays d’entrée en Europe comme « des parkings bien commodes pour les réfugiés et les migrants ».

L’UE « ignore le problème » de la recrudescence des arrivées de migrants en Grèce, a-t-il fustigé, dans une interview au journal allemand Handelsblatt. « Cela ne peut pas continuer ainsi ».

Plus de 32.000 personnes vivent actuellement dans des conditions misérables dans les cinq « hot-spots » de Lesbos, Samos, Leros, Chios et Kos (camps où sont effectués leurs enregistrements), pour une capacité théorique de seulement 6.200.

LNT avec Afp