AMMC : une feuille de route 2026 pour renforcer le rôle du marché des capitaux
Forte d’une dynamique jugée favorable en 2025, l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a présenté, à Rabat le 27 janvier 2026, ses priorités d’actions pour l’année 2026. L’Autorité inscrit cette programmation dans la continuité d’un engagement adopté depuis 2021, visant à adapter son intervention aux évolutions du marché, à répondre aux attentes des opérateurs et à donner davantage de lisibilité à son action, en reliant les réalisations de l’année écoulée aux chantiers prioritaires à venir.
Le document s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2024-2028 de l’AMMC, dont les priorités 2026 déclinent cinq axes structurants. La logique affichée consiste à consolider les fondements d’un marché « efficient et accessible », tout en accompagnant des transitions considérées comme décisives : la durabilité, l’innovation technologique et l’inclusion financière. Dans cette perspective, l’AMMC met en avant une ambition centrale : faire du marché des capitaux un levier stratégique pour financer l’économie réelle, protéger l’épargne et soutenir la compétitivité du Maroc.
Cette feuille de route intervient après une année 2025 présentée comme particulièrement dynamique. Les levées de fonds sur les différents segments ont enregistré des évolutions notables : le volume des émissions obligataires a plus que doublé, tandis que le segment actions a progressé de près de 70 %, porté notamment par trois introductions en bourse totalisant 6 milliards de dirhams. La gestion collective a également marqué une accélération, avec des souscriptions nettes en OPCVM atteignant 84,8 milliards de dirhams, soit près du double du niveau de 2024. Enfin, le marché de la titrisation a connu une hausse significative, les montants levés s’établissant à 15,5 milliards de dirhams contre 2,4 milliards un an auparavant.
Cinq axes « structurants »
Dans ce contexte, le premier axe des priorités 2026 vise à poursuivre le développement d’un marché des capitaux efficient et accessible, avec une orientation explicite vers l’élargissement du financement par le marché et le soutien à la dynamique boursière. L’enjeu est double : consolider l’attractivité de la place pour les émetteurs et renforcer l’accessibilité pour les investisseurs, dans un environnement où l’approfondissement du marché demeure une condition clé de la diversification des sources de financement de l’économie.
Le deuxième axe met l’accent sur l’innovation financière et la durabilité. L’AMMC entend contribuer à la mise en œuvre d’un cadre stratégique de finance durable et de gouvernance, tout en soutenant l’innovation afin de favoriser l’émergence de nouvelles solutions de financement, d’améliorer l’efficience du marché et de renforcer l’inclusion financière. Cette priorité traduit une volonté d’alignement sur les tendances internationales, où les sujets ESG, la transparence extra-financière, la résilience opérationnelle et les usages technologiques deviennent des paramètres structurants de l’accès aux capitaux. Dans la même dynamique, l’Autorité souligne l’importance de la coopération régionale, envisagée comme un levier de convergence des pratiques et de renforcement du positionnement du Maroc dans l’écosystème financier régional.
Le troisième axe est consacré à l’éducation financière, présentée comme un instrument essentiel de mobilisation de l’épargne et de protection des investisseurs. L’AMMC prévoit d’élargir la portée de ses actions de sensibilisation, tout en consolidant le cadre de l’habilitation et de l’accompagnement des acteurs. L’objectif est de favoriser une meilleure compréhension des produits financiers, dans un contexte de diversification croissante de l’offre et d’émergence de nouveaux canaux d’accès à l’investissement.
Le quatrième axe porte sur l’adaptation du dispositif de supervision à un marché en évolution constante. L’Autorité entend renforcer une supervision fondée sur les risques, développer les contrôles thématiques et maintenir une vigilance accrue sur l’intégrité du marché et la protection des investisseurs. Elle met également l’accent sur l’accompagnement des acteurs dans la mise en œuvre des dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, considérés comme des piliers de la crédibilité et de l’attractivité de la place financière.
Enfin, un axe transversal complète cette feuille de route, centré sur la modernisation interne de l’AMMC. Il prévoit la poursuite de la digitalisation, l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les processus, ainsi que le renforcement des compétences internes et la démarche de responsabilité sociétale. L’approche vise à doter le régulateur d’outils et de capacités adaptés à la complexification des marchés, à l’augmentation des volumes et à l’évolution rapide des risques.
SB
