Allianz Trade classe le Maroc comme le pays le plus sûr d’Afrique pour les affaires en 2026
Le Maroc conserve sa position de référence en matière de climat des affaires sur le continent africain. Dans son « Country Risk Atlas 2026 », l’assureur-crédit Allianz Trade a maintenu la note souveraine du Royaume à « B1 », le positionnant comme « le pays le plus sûr d’Afrique pour les affaires ».
Publié pour la troisième année consécutive, le Country Risk Atlas évalue les perspectives économiques, les risques et les opportunités dans 83 pays représentant environ 94 % du PIB mondial. L’étude s’appuie sur un modèle propriétaire d’évaluation des risques, actualisé chaque trimestre en fonction des évolutions économiques récentes et des données internes du groupe.
Une croissance jugée robuste
Dans la section consacrée au Maroc, Allianz Trade souligne que le Royaume « affiche une croissance économique robuste, renforcée par son rôle de centre manufacturier pour l’Europe et ses ambitions de devenir un hub énergétique ». Le maintien de la note « B1 » confirme, selon l’assureur, la solidité relative de l’environnement macroéconomique et commercial.
« Le Maroc est en bonne voie pour une forte croissance économique, avec un PIB projeté en hausse, porté par la production industrielle, les investissements étrangers et la reprise du secteur agricole. Le tourisme est en plein essor, notamment grâce à des événements comme la Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe du Monde de la FIFA », explique Lluis Dalmau, économiste pour l’Afrique et le Moyen-Orient chez Allianz Trade.
L’analyse met en avant le dynamisme du secteur manufacturier orienté vers l’export, en particulier vers l’Europe, ainsi que les ambitions du pays dans les énergies renouvelables et les infrastructures énergétiques. Ces éléments contribuent, selon le rapport, à renforcer l’attractivité du Maroc auprès des investisseurs internationaux.
Les notations d’Allianz Trade reposent sur une grille d’analyse combinant 17 indicateurs à court terme et 18 indicateurs à moyen terme. « Les notations fournissent une analyse complète des facteurs économiques, politiques, de l’environnement commercial et du développement durable qui influencent les tendances du risque de non-paiement pour les entreprises à un niveau macroéconomique », précise Luca Moneta, économiste senior pour les marchés émergents.
« Chaque notation combine 17 indicateurs à court terme et 18 indicateurs à moyen terme, et sert de boussole pragmatique aux décideurs dans un monde en proie à de multiples crises, les aidant à naviguer dans la volatilité, à protéger leurs flux de trésorerie et à transformer la conscience du risque en avantage concurrentiel », ajoute-t-il.
L’objectif est d’offrir aux entreprises une lecture opérationnelle des risques pays, en intégrant non seulement les données macroéconomiques classiques, mais également les conditions de transfert et de convertibilité, les trajectoires budgétaires et l’exposition aux chocs externes.
Un contexte mondial en recomposition
Au niveau global, le rapport observe une amélioration du risque pays en 2025, malgré un environnement marqué par des tensions commerciales persistantes et des risques politiques, géopolitiques et budgétaires élevés. Trente-six pays ont vu leur notation relevée, contre quatorze dégradations.
« En 2025, les révisions à la hausse ont été principalement motivées par des fondamentaux macroéconomiques plus solides, soutenus par des politiques budgétaires et monétaires plus accommodantes », indique Ana Boata, directrice de la recherche économique chez Allianz Trade. Elle souligne que, dans plusieurs marchés émergents, l’amélioration des conditions de financement et la hausse des prix des matières premières ont permis d’alléger les contraintes liées aux transferts et à la convertibilité.
Parmi les économies ayant bénéficié d’une amélioration figurent notamment l’Argentine, l’Équateur, la Hongrie, l’Italie, l’Espagne, la Turquie et le Vietnam. Dans les économies à revenu élevé, la stabilité politique accrue, la désinflation et la bonne performance commerciale ont renforcé la résilience en Europe et en Asie-Pacifique.
Toutefois, Allianz Trade relève que le nombre de dégradations a presque triplé par rapport à 2024, passant de cinq à quatorze pays. « La résilience s’étend, mais des clusters de risques persistent dans des économies importantes », observe Aylin Somersan Coqui, CEO d’Allianz Trade. Elle note qu’en 2025, l’environnement macroéconomique à moyen terme s’est détérioré dans sept marchés, contre dix-huit qui se sont améliorés.
Une gestion du risque plus granulaire
Dans un contexte qualifié de « l’une des périodes les plus turbulentes depuis des décennies », marqué par la convergence de chocs structurels liés à l’intelligence artificielle, à la démographie, au changement climatique et aux mutations du commerce international, Allianz Trade appelle les entreprises à adopter une approche sélective et différenciée.
« L’incertitude reste élevée et les entreprises doivent adopter une approche sélective, pays par pays, afin de pouvoir développer leurs activités tout en protégeant leurs actifs », souligne Aylin Somersan Coqui. Elle insiste sur la nécessité d’une gestion des risques « granulaire et prospective », allant au-delà des notations générales.
