Akhannouch sortant, quel adversaire politique pour Benkirane ?
La décision d’Aziz Akhannouch de ne pas briguer un second mandat à la tête du RNI continue d’interroger ses rivaux, en particulier le patron du PJD Abdelilah Benkirane. Est-ce à dire que la scène politique sera moins agitée qu’auparavant ? Dans tous les cas et à quelques mois des législatives, la Lampe, comme d’ailleurs le PPS ou encore l’USFP, aura certainement du pain sur la planche pour convaincre les Marocains !
Si une bonne partie des formations de l’opposition n’a toujours pas réagi à la décision d’Akhannouch de quitter la présidence de la Colombe, le PJD, lui, a saisi l’occasion des travaux du Conseil National du parti, le week-end dernier à Bouznika, pour exprimer une sorte de grande satisfaction !
Et qui mieux que le vieux routier du parti pour le dire : « Akhannouch est parti de la même manière qu’il est venu », a dit Benkirane, tout en notant face à ses détracteurs du RNI et du PAM que l’équation électorale n’est plus ce qu’elle a été, et que la compétition politique ne repose plus uniquement sur les programmes et les discours, désormais influencée par d’autres facteurs, notamment les moyens financiers, la présence médiatique, l’impact des réseaux sociaux et les mécanismes modernes d’organisation.
De son côté, Driss Azami, se veut catégorique, demandant à Akhannouch de rendre des comptes : « Avec son départ, il est surtout question de réédition des comptes ».
En somme, lors de cette rencontre, les Pjdistes ont bien voulu démontrer qu’ils avaient raison de mener un processus d’opposition rude à l’égard de la personnalité politique d’Akhannouch, de ses convictions et ses actions. Derrière, on a bien voulu démontrer aussi que le PJD a été victime de ses « manœuvres » et « que la justice a fini par être rétablie ». C’est pour dire, entre autres, qu’Akhannouch aurait eu comme principale mission, la destruction du PJD et son chef Benkirane.
Dans tous les cas et depuis l’investiture d’Akhannouch en tant que Chef du Gouvernement, Benkirane n’a pas cessé de s’opposer vivement à l’action de l’Exécutif, évoquant des crises accumulées et alertant sur les tensions sociales, les dysfonctionnements institutionnels et les graves mutations de la scène politique nationale.
A Bouznika, lors de cette session du Conseil Ordinaire du PJD, il a déclaré que la période durant laquelle Aziz Akhannouch a dirigé le Gouvernement a été marquée par une accumulation de crises et de dysfonctionnements dans la gestion, estimant qu’elle a été entachée de rente, de népotisme, de Fassad et qu’elle n’a pas répondu aux attentes.
En « bon donneur de leçons », Benkirane a affirmé que « tout responsable gouvernemental doit disposer d’objectifs réels au service de l’intérêt national, faire preuve de courage pour les mettre en œuvre et être prêt à en assumer les conséquences politiques ». Et de noter que le retour d’Akhannouch sur le devant de la scène électorale aurait entraîné une nouvelle mobilisation de la Génération Z dans la rue, qualifiant ce mouvement de « véritable phénomène social ».
Mais il est toutefois important de souligner que Benkirane se trouve quand même aujourd’hui privé de la « carte anti-Akhannouch », qui lui a permis de revenir au-devant de la scène et de régler ses comptes. Est-ce pour autant le coup de sifflet filet d’un duel politique des plus tendus, qui dure depuis plus d’une décennie ? Rien n’est moins sûr en attendant les prochaines législatives !
H.Z
