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AGR : La Loi de Finances 2026, entre recettes rassurantes et engagements budgétaires ambitieux

AGR : La Loi de Finances 2026, entre recettes rassurantes et engagements budgétaires ambitieux

Par LNT
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L’analyse de la Loi de Finances 2026 proposée par Attijari Global Research, dans son dernier Research Report consacré au budget de l’État, met en lumière un exercice budgétaire caractérisé par un niveau de recettes jugé solide, mais adossé à des engagements publics en nette progression. Ce travail d’expertise, fondé sur une lecture détaillée des agrégats macroéconomiques et financiers, offre une grille de lecture structurée des choix opérés par le gouvernement et de leurs implications à moyen terme.

Selon ce rapport, la LF 2026 s’inscrit dans un contexte économique relativement porteur pour le Maroc, après plusieurs années marquées par des chocs climatiques et conjoncturels. Attijari Global Research souligne que la trajectoire de croissance retenue par le gouvernement, fixée à 4,6 % du PIB, repose sur des hypothèses considérées comme crédibles au regard des signaux observés en début d’exercice. Le redressement des conditions hydriques, avec une amélioration notable du niveau des barrages, crée un environnement plus favorable à l’activité agricole, dont la valeur ajoutée est attendue en hausse significative. Parallèlement, le secteur non agricole conserve une dynamique positive, soutenue par l’investissement, les services et une consommation intérieure relativement résiliente.

Dans son analyse, le Research Report insiste sur le rôle central de l’investissement dans la configuration macroéconomique de 2026. La formation brute de capital fixe bénéficie d’un environnement plus favorable aux flux d’investissements directs étrangers et d’une orientation toujours accommodante du crédit à l’équipement. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des grands chantiers structurants engagés ces dernières années, qu’il s’agisse d’infrastructures, de projets industriels ou de programmes liés à la transition énergétique et au développement territorial. Attijari Global Research relève également que la consommation des ménages reste un pilier de la croissance, portée par une inflation maîtrisée et par des transferts des Marocains résidant à l’étranger qui demeurent élevés.

Sur le plan des finances publiques, l’un des enseignements majeurs du rapport est la solidité des recettes ordinaires inscrites dans la LF 2026. Celles-ci atteignent un niveau historiquement élevé, principalement grâce à la progression des recettes fiscales. Attijari Global Research attribue cette performance à la reprise de l’activité économique, à l’amélioration du recouvrement et à la poursuite des réformes fiscales engagées par les autorités. En revanche, les recettes non fiscales affichent un léger repli, tout en restant substantielles, notamment du fait des contributions des entreprises et établissements publics.

Une hausse continue des dépenses publiques

En parallèle, le rapport met en évidence une hausse continue des dépenses publiques, traduisant des engagements budgétaires renforcés. La masse salariale augmente sous l’effet des recrutements dans des secteurs prioritaires, en particulier l’éducation et la santé, ainsi que des revalorisations salariales décidées dans le cadre du dialogue social. La charge de compensation, quant à elle, poursuit sa décrue, sous l’effet de la baisse des prix internationaux de l’énergie et de la réforme progressive du système de subventions, même si certaines rationalisations ont été étalées dans le temps.

L’investissement public connaît une nouvelle accélération, ce qu’Attijari Global Research interprète comme un choix stratégique visant à soutenir la croissance à moyen terme et à réduire les inégalités territoriales. Une part significative des dépenses d’investissement est concentrée dans les régions les plus dynamiques économiquement, mais le rapport note également un effort en faveur de territoires historiquement moins dotés en infrastructures. Cette orientation traduit une volonté de concilier compétitivité économique et cohésion sociale.

Malgré cette montée en puissance des dépenses, Attijari Global Research estime que les équilibres budgétaires demeurent globalement sous contrôle. Le solde ordinaire devrait s’améliorer en 2026, permettant à l’État de financer une part plus importante de ses investissements sans recourir excessivement à l’endettement. Le déficit budgétaire est projeté autour de 3 % du PIB, un niveau jugé soutenable, même s’il repose en partie sur la croissance plutôt que sur une compression structurelle des dépenses.

L’endettement public, analysé dans le rapport, devrait légèrement reculer en pourcentage du PIB, passant sous le seuil de 66 %, tout en continuant d’augmenter en valeur absolue. Attijari Global Research souligne toutefois que le coût de la dette tend à progresser, dans un contexte international marqué par des taux d’intérêt plus élevés et une part croissante de dette à taux variable.

Sur le plan fiscal, le Research Report met en évidence une LF 2026 qui ne bouleverse pas l’architecture du système, mais introduit des ajustements ciblés. Certaines mesures visent à renforcer l’équité fiscale et à lutter contre l’informel, notamment à travers des aménagements de l’impôt sur les sociétés et des incitations en faveur de la transformation des institutions de microfinance. La contribution sociale de solidarité est reconduite pour trois ans, avec des taux modulés en fonction des niveaux de bénéfices.

Le rapport relève également des mesures d’allègement ciblées, telles que la baisse des droits de douane sur les smartphones et les panneaux solaires, interprétée comme un signal en faveur du pouvoir d’achat et de la transition énergétique. En matière d’impôt sur le revenu, la revalorisation de la réduction pour charge de famille et l’exonération de certaines pensions de retraite du secteur privé traduisent une volonté de renforcer l’équité sociale.

La TVA fait l’objet d’ajustements sectoriels, notamment à travers l’exonération temporaire de certains intrants agricoles et des importations de bétail, afin de soutenir le secteur primaire et de stabiliser l’approvisionnement des marchés. D’autres dispositions visent à améliorer la transparence et la traçabilité des transactions, en particulier dans le domaine des droits d’enregistrement.

En conclusion, le Research Report d’Attijari Global Research présente la Loi de Finances 2026 comme un exercice budgétaire équilibré, cherchant à tirer parti d’une conjoncture favorable pour accélérer l’investissement public, sans compromettre la soutenabilité des finances de l’État. Si le niveau des recettes apparaît rassurant, l’ampleur des engagements budgétaires souligne la nécessité d’une vigilance accrue à moyen terme, dans un environnement encore exposé aux aléas climatiques, énergétiques et géopolitiques.

SB

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