AGR : Bank Al-Maghrib maintient le cap du statu quo dans un environnement incertain
Attijari Global Research met en avant le maintien d’une posture prudente de Bank Al-Maghrib, qui a décidé de conserver son taux directeur inchangé à 2,25% lors de sa première réunion de politique monétaire de 2026, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes géopolitiques.
Selon le rapport, cette décision s’inscrit dans un contexte global dominé par l’escalade des tensions au Moyen-Orient, mais aussi par la persistance d’autres facteurs d’incertitude, notamment les conflits internationaux et les tensions commerciales.
Dans ce cadre, Bank Al-Maghrib adopte une posture qualifiée « d’attentiste », privilégiant le statu quo à l’instar des grandes banques centrales internationales, telles que la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne, qui ont également marqué une pause dans leurs cycles monétaires.
Le rapport souligne que ce maintien intervient malgré une inflation maîtrisée et des fondamentaux économiques jugés solides, traduisant la volonté de préserver des marges de manœuvre face aux risques exogènes.
Les données analysées mettent en évidence une trajectoire désinflationniste au Maroc, avec des prix en recul en début d’année 2026, notamment sous l’effet du repli des prix alimentaires et de la détente de la facture énergétique.
Dans ce contexte, les projections tablent sur une inflation contenue autour de 0,8% en 2026, un niveau nettement inférieur à la cible de stabilité des prix, estimée à 2%.
Parallèlement, les perspectives de croissance apparaissent particulièrement favorables. Le rapport évoque une révision à la hausse de la croissance économique à 5,6% en 2026, portée notamment par le rebond attendu de la production agricole et le dynamisme des activités non agricoles, soutenues par l’investissement.
Malgré les baisses cumulées du taux directeur engagées depuis 2024, la transmission vers les taux débiteurs reste incomplète. Le rapport souligne un décalage entre l’évolution du taux directeur et celle des conditions de financement, ce qui incite la banque centrale à temporiser.
Dans le même temps, les conditions monétaires restent marquées par un déficit structurel de liquidité bancaire, appelé à se creuser davantage dans les prochaines années, en lien avec l’augmentation de la circulation fiduciaire.
Le rapport met en avant l’existence d’un espace de manœuvre pour un éventuel assouplissement monétaire à moyen terme. L’écart entre le taux directeur et le niveau d’inflation confère des taux réels positifs, créant un environnement favorable à d’éventuelles baisses futures, sous réserve d’une stabilisation du contexte international.
Dans son scénario central, Attijari Global Research estime que la banque centrale pourrait reprendre son cycle de baisse des taux à partir de 2027, avec un objectif autour de 2,0%, à condition que les risques géopolitiques s’atténuent et que la trajectoire désinflationniste se confirme.
L’analyse insiste enfin sur le rôle déterminant du contexte géopolitique, notamment la guerre au Moyen-Orient, qui influence directement les prix de l’énergie et, par ricochet, les équilibres macroéconomiques nationaux.
Une prolongation du conflit pourrait ainsi accentuer les pressions inflationnistes importées, notamment via les coûts de transport et des produits alimentaires, qui représentent une part significative du panier de consommation.
Dans ce contexte, la prudence demeure le principal fil conducteur de la politique monétaire marocaine, dans l’attente d’une meilleure visibilité sur l’évolution de l’environnement international.
LNT
