Le témoignage d’une Marocaine de 28 ans entrée à la nage dans le préside occupé de Sebta, diffusé le 19 août par le quotidien El País, est au centre d’une controverse en Espagne, après la mise en circulation d’éléments contredisant une partie de son récit.
La jeune femme, originaire de Taza, avait rejoint le préside le 30 juillet, lors des tentatives de passage enregistrées les 30 et 31 juillet. Dans le reportage vidéo du quotidien espagnol, elle décrit une famille très religieuse lui interdisant d’étudier, de voyager et de choisir ses vêtements, et fait état de son intention de travailler dans la restauration à Barcelone.
Dans les heures suivant la diffusion, des publications issues de comptes publics ont été relayées sur les réseaux sociaux, faisant état de séjours au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Turquie et en Malaisie, ainsi que d’un parcours d’études et d’expériences professionnelles dans l’hôtellerie à Dubaï. Un compte Instagram attribué à l’intéressée a été supprimé peu après.
Selon des médias marocains ayant examiné ces éléments, plusieurs restaient accessibles en ligne, notamment des vidéos publiées en décembre 2025 et un profil professionnel. Ces mêmes médias précisent n’avoir pas été en mesure d’authentifier l’ensemble des images en circulation.
Ces éléments contredisent l’affirmation d’une interdiction de voyager et d’étudier.
L’affaire a été largement reprise par la presse conservatrice espagnole, qui y a vu une mise en cause du traitement médiatique de l’immigration par les titres de centre-gauche et de la politique migratoire du gouvernement de Pedro Sánchez.
Elle intervient dans un contexte de forte tension. Les 30 et 31 juillet, Sebta avait connu l’entrée la plus importante depuis 2021, au cours de laquelle au moins dix-huit personnes ont perdu la vie. Le gouvernement espagnol avait déployé l’armée et fermé la frontière de Melilla. Pedro Sánchez avait dénoncé une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne par des réseaux criminels, avant de réunir sept ministres en cellule de crise le 17 août.
L’opposition avait déjà engagé une offensive sur ce terrain. Le président du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, avait mis en cause la faiblesse de la réponse gouvernementale et exigé la défense de la sécurité nationale et de l’intégrité territoriale. Son porte-parole, Miguel Tellado, avait déclaré : « Personne ne peut s’étonner que des milliers de personnes veuillent entrer dans un pays qui régularise plus d’un million d’immigrés irréguliers du jour au lendemain. »
Le président de Vox, Santiago Abascal, avait pour sa part évoqué une invasion de la frontière provoquée par la régularisation massive. Des exécutifs régionaux dirigés par les deux formations ont affirmé, sans en apporter la preuve, que des organisations non gouvernementales avaient collaboré à cette entrée, en annonçant la suppression de leurs subventions.
LNT