Société

Afailal « optimiste » quant à l’avenir de l’eau au Maroc

le 12 octobre 2017


La secrétaire d’Etat chargée de l’Eau, Charafat Afailal se dit optimiste quant à l’avenir de l’eau au Maroc, et ce en dépit de la menace des changements climatiques et d’un contexte de rareté.

« On se doit d’être optimiste, prendre des décisions et engager des réformes courageuses pour infléchir la tendance de surexploitation des ressources renouvelables, assurer une gestion viable de l’eau et être au rendez-vous », a dit Mme Afailal dans une interview accordée à la MAP.

« L’approvisionnement en eau du pays à long terme dans un contexte de rareté et sous la menace des changements climatiques est un défi à relever. C’est un challenge difficile, mais faisable si on s’y prend convenablement dès à présent », a-t-elle assuré.

Pour Mme Afailal, la sécurité hydrique et l’approvisionnement durable en eau « exige de nous des sacrifices » pour combiner la mobilisation des ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles « de plus en plus chères », la gestion de la demande, la rationalisation et l’efficience de l’utilisation de l’eau et la lutte contre la pollution.

Afin de relever ce défi, elle juge nécessaire d’adopter un mode de gouvernance favorisant la participation et la responsabilisation des acteurs dans le respect de la réglementation et basé notamment sur les dispositions de la nouvelle loi relative à l’eau.

« C’est ce mode de gouvernance que nous voulons mettre en place en se basant notamment sur les dispositions de la nouvelle loi 36-15 relative à l’eau », a-t-elle martelé.

Dans le cadre de la gouvernance, la responsable a fait état de la réalisation de projets de partenariat avec la société civile, en particulier dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement en milieu rural, faisant savoir que les Agences de bassins hydrauliques octroient des aides aux associations de la société civile qui entreprendraient des opérations visant la préservation et la gestion durable de l’eau.

Interrogée sur l’implication de la société civile dans le processus décisionnel en matière de gestion de l’eau, elle a indiqué que la loi 36-15 a renforcé la participation de la société civile dans la gestion de l’eau.

La société civile a ainsi vu sa représentation renforcée au niveau du Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat, du Conseil de Bassin et des Commissions Préfectorales et Provinciales de l’Eau, avec des quotas réservés aux femmes, s’est-elle réjouie.

La loi 36-15 relative à l’eau a aussi donné la possibilité aux usagers de l’eau ou à leurs associations de participer à la gestion du domaine public hydraulique dans un cadre contractuel définissant les droits et les obligations des contractants, a-t-elle poursuivi.

S’agissant des préparatifs de son département à la COP23, prévue le mois prochain à Bonn, Mme Afailal a relevé la participation du Maroc à la deuxième Conférence Internationale sur l’Eau et le Climat (CIEC), tenue les 3 et 4 octobre à Marseille et qui a consisté principalement à la présentation du bilan d’étape COP22-COP23 ainsi qu’à la participation à la réunion préparatoire de la journée d’action eau.

Dans le cadre de l’Initiative Water for Africa, lancée par la réunion des ministres africains lors de la CIEC tenue à Rabat en juillet 2016, le SEE organisera un Side-Event sur cette initiative dans le pavillon Maroc lors de la COP23, a-t-elle indiqué.

Cette initiative a pour objectif de concrétiser l’Appel de Rabat à travers notamment l’élaboration et l’adoption d’un plan d’action prioritaire (PAP) pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) en Afrique, l’amélioration et la facilitation de l’accès des projets africains aux financements climat existants, ainsi que le renforcement des capacités et de la coopération, notamment Sud-Sud pour l’échange et la diffusion du savoir-faire et des bonnes pratiques, a rappelé Mme Afailal.

Le Maroc contribue également à la Journée de l’Action Eau  » Water Day », dont l’organisation à la COP23 a été confirmée par le Global Climate Action Agenda et qui a pour objectif de permettre aux communautés internationales de l’eau et du climat de poursuivre son plaidoyer afin de mettre les enjeux liés à l’eau au cœur des négociations des parties, a-t-elle renchéri.

Par ailleurs, la secrétaire d’Etat chargée de l’Eau, Charafat Afailal a promis une mise à jour de l’arsenal réglementaire en vigueur pour l’application des lois relatives à l’eau et aux barrages et une rentrée sous le signe de la coopération Sud-Sud.

« Ce qui est prévu dans le programme de l’actuel gouvernement c’est la mise en application de ces deux lois » (loi relative à l’eau et la loi relative à la sécurité des barrages, ndlr), a déclaré Mme Afailal.

S’agissant de la nouvelle loi relative à l’eau, la secrétaire d’Etat a fait état de la programmation de la mise à jour et de l’élaboration d’une trentaine de décrets, précisant que 6 projets de décrets sont préparés et 4 en cours de préparation.

Pour ce qui est de la loi 30-15 relative à la sécurité des barrages, elle a indiqué que le décret et les arrêtés d’application sont en cours d’élaboration.

Pour cette rentrée, le Secrétariat d’Etat chargé de l’Eau prévoit de consolider l’orientation stratégique globale choisie par le Royaume pour développer davantage la coopération Sud-Sud et faire face aux aléas climatiques et leurs répercussions, non seulement sur le développement en Afrique mais aussi sur la paix et la sécurité.

Il prévoit également un échange d’expériences et de bonnes pratiques, en particulier avec les pays africains dans le cadre de la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire, a fait savoir la responsable.

Le département envisage le renforcement des efforts de coopération entre le Maroc et ses partenaires internationaux (bilatéraux et multilatéraux) dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de la météorologie, en signant plusieurs accords dans ces domaines et en explorant de nouvelles opportunités de coopération et de renforcement des capacités, a-t-elle ajouté.

Le SEE s’engage également à poursuivre le processus préparatoire de la 6ème édition du Grand prix mondial Hassan II de l’Eau, qui sera organisée lors du 8ème Forum mondial de l’eau (18-23 mars 2018 à Brasilia), notamment par la tenue de la 2ème réunion du comité permanent de ce grand prix, a-t-elle poursuivi.

Dans le cadre de ces préparatifs, la secrétaire d’Etat a annoncé la tenue de la 1ère réunion du jury vers la fin du mois de janvier 2018 et l’organisation d’une matinée d’information durant ce mois d’octobre au profit du monde académique et universitaire, des partenaires au développement et des représentants du Système des Nations Unies.

Mme Afailal a également évoqué la participation du Maroc à la  » Semaine mondiale de l’eau  » à Stockholm, un évènement qui a permis, entre autres, de faire le point sur les initiatives  » eau et climat  » de l’agenda de l’action climatique et sur l’initiative Water for Africa qui sera présentée prochainement au Conseil des ministres africains pour l’eau (AMCOW).

La participation de la délégation marocaine à cette manifestation internationale a constitué une occasion pour mettre en exergue les progrès réalisés et les efforts entrepris par le Maroc dans le secteur de l’eau, que ce soit en termes de réalisation d’infrastructures hydrauliques, d’amélioration de la gouvernance ou bien d’avancement dans la réalisation des Objectifs de développement durable liés à l’Eau, a-t-elle précisé.

L’événement a aussi été l’opportunité de  » réaffirmer la détermination du Royaume à militer pour que les questions liées à l’eau soient qualifiées de prioritaires et aient une place centrale au cœur des négociations et des débats « , a-t-elle enchaîné.

Cette semaine a permis également d’inviter les différents acteurs politiques, institutionnels, techniques et financiers à s’engager et à se mobiliser en faveur de la cause de l’eau et de confirmer l’importance de la justice climatique au niveau global et de l’Afrique en particulier (arrêt sur les efforts du SEE pour l’opérationnalisation effective de l’initiative water for Africa), selon la responsable.

Ainsi, les grands sujets qui ont été débattus lors de cette semaine traduisent des défis pour la communauté internationale, en relation avec le développement durable, et qui sont de nature sociale, économique et environnementale et en lien avec le partenariat.

Tous ces défis font déjà partie de l’agenda et des priorités définies par le SEE qui a anticipé la mise en œuvre de plusieurs actions inscrites dans ces axes, dans le cadre du programme du gouvernement et en respect des engagements internationaux du Maroc, a conclu la grande responsable de l’eau au Maroc.

LNT avec Map