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Les ambitions sont grandes, les infrastructures, elles, peinent à suivre. Tandis que l’Office National Des Aéroports (ONDA) rêve à haute altitude avec son plan 2030, les usagers des aéroports marocains, eux, gardent jusqu’à présent les pieds bien ancrés dans une réalité plus turbulente. L’aéroport Mohammed V de Casablanca en est le parfait exemple : en cette période de forte affluence liée à l’Omra, il ressemble davantage à un hall de gare bondé qu’à une porte d’entrée moderne et fluide vers le Royaume. Files d’attente interminables, accès routiers engorgés, service au sol débordé… Une véritable zone de turbulence pour les voyageurs, qui pourraient bien revoir leurs plans de vol pour leurs prochains séjours.
Ce n’est un secret pour personne, mettre un pied à Mohammed V en période de pointe relève du parcours du combattant. Entre les embouteillages monstres avant même d’arriver à l’aéroport, l’interminable attente aux contrôles et la gestion chaotique des bagages, il y a de quoi perdre patience et parfois même son vol. Pendant que les pèlerins de l’Omra tentent de rejoindre La Mecque, ceux qui doivent simplement prendre un avion à Casablanca pourraient bien envisager une alternative moins brouillonne.
Marrakech-Ménara : un buzz pas très glamour
Le cas de Casablanca n’est malheureusement pas isolé. À Marrakech, l’aéroport Ménara connaît les mêmes déboires. Et pour le constater, pas besoin d’y mettre les pieds : les réseaux sociaux regorgent de vidéos filmées par des voyageurs atterrés, illustrant des scènes dignes d’un hall de gare aux heures de pointe. Longues files d’attente, salles d’embarquement bondées et passagers désemparés… Pas vraiment le genre de carte postale que la ville ocre voudrait envoyer à ses touristes.
D’ailleurs, c’est là que le bât blesse, le Maroc ne mise-t-il pas sur son attractivité touristique pour séduire et fidéliser ses visiteurs ? Si le premier et le dernier souvenir d’un touriste dans le pays est une expérience aussi éprouvante qu’un transit dans un aéroport surchargé, le risque est grand qu’il revoie sa copie et choisisse une autre destination la prochaine fois. Car après tout, si partir du Maroc relève du calvaire, pourquoi y revenir ?
À l’heure où le Royaume s’apprête à devenir une plaque tournante du football mondial, il serait temps que ses aéroports jouent dans la même cour que leurs ambitions. Pour l’instant, l’expérience des passagers ressemble plus à un film catastrophe qu’à un voyage en classe affaires.
L’ONDA promet des améliorations, mais le temps presse : 2025 et 2030 approchent à vitesse grand V, et les supporters ne seront pas plus indulgents que les usagers actuels. Alors, le Maroc parviendra-t-il à transformer ses aéroports en modèles d’efficacité, ou assistera-t-on à un crash en direct ? Une chose est sûre : pour l’instant, c’est l’urgence d’une remise à niveau qui s’impose. Et vite !
Ayoub Bouazzaoui