Le trafic des aéroports du Royaume a dépassé 22 millions de passagers de janvier à juillet. Sur le premier semestre, Casablanca, Marrakech, Agadir, Tanger et Rabat ont absorbé 97,8% de la progression et concentrent 84,4% du trafic national. Plusieurs plateformes régionales reculent, dont Tan-Tan de près de 44%.
Les aéroports marocains ont accueilli plus de 22 millions de passagers au cours des sept premiers mois de 2026, selon l’Office national des aéroports. Sur le seul premier semestre, le trafic s’est établi à 18,8 millions de voyageurs, contre 17,3 millions un an plus tôt, soit une progression de 8,8% et un gain de 1,53 million de passagers.
La lecture globale de ces chiffres est flatteuse. Leur répartition l’est moins.
Cinq plateformes, Casablanca, Marrakech, Agadir, Tanger et Rabat, ont capté 1 494 505 passagers supplémentaires, soit 97,8% de la croissance nationale. Elles concentrent désormais 84,4% du trafic. L’ensemble des autres aéroports du Royaume n’a gagné que 33 909 passagers sur la période.
Plusieurs plateformes régionales sont en recul. Tan-Tan perd 43,82% de son trafic, Ouarzazate 15,21%, Tétouan 8,98%, Guelmim 7,45%, Oujda 6,21%, Fès reculant marginalement de 0,22%. Quelques aéroports secondaires progressent, Beni Mellal de 28,34%, Errachidia de 16,88% et Essaouira de 11,85%, mais sur des volumes trop faibles pour infléchir la tendance.
Cette concentration a une cause identifiable. La croissance du trafic est portée par l’ouverture de lignes par les compagnies à bas coût et par le renforcement des bases aériennes, décisions commerciales qui obéissent à des seuils de rentabilité. Une plateforme régionale n’atteint ces seuils qu’au-delà d’un volume minimal, ce qui produit un effet de cercle : les aéroports déjà fréquentés attirent les nouvelles fréquences, les autres s’en éloignent.
L’enjeu dépasse le transport aérien. Les aéroports régionaux ont été conçus comme des instruments d’aménagement du territoire, destinés à désenclaver des provinces et à irriguer des destinations touristiques secondaires. Un trafic en repli sur ces plateformes signifie que l’infrastructure existe sans produire l’effet économique attendu, avec des coûts d’exploitation qui demeurent.
Le calendrier ajoute une contrainte. Les programmes d’extension et de modernisation engagés dans la perspective de la Coupe du monde 2030 portent en priorité sur les grandes plateformes, celles-là mêmes qui absorbent déjà la quasi-totalité de la croissance. La question de la desserte des territoires intermédiaires reste, elle, entière.
LNT
