Le chef d’état-major de l’armée éthiopienne a mis en cause l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte dans la reprise des combats au nord du pays, alors que les affrontements s’étendent à deux régions voisines et que les communications sont coupées.
Dans une intervention diffusée lundi sur la chaîne officielle des forces de défense, le maréchal Birhanu Jula a affirmé que « ni l’Érythrée, ni le Front de libération du peuple du Tigré ne peuvent arriver à quoi que ce soit seuls », en désignant un soutien extérieur venu du Soudan, de l’Égypte et de puissances qu’il n’a pas nommées. Aucun des trois États visés n’a réagi publiquement à ces accusations.
Les combats ont repris dans la semaine du 22 septembre, moins de quatre ans après l’accord de Pretoria qui avait mis fin à une guerre de deux ans ayant fait au moins 600 000 morts selon les estimations de l’Union africaine. Le Front de libération du peuple du Tigré affirme répondre à une « invasion » fédérale. Le 20 septembre, sept groupes rebelles ont annoncé la formation d’une Coalition des forces populaires pour la survie de l’Éthiopie, qui se donne pour objectif de renverser le gouvernement fédéral dirigé par Abiy Ahmed.
Les affrontements les plus intenses se concentrent dans l’ouest du Tigré, autour de May Gaba et Tselimo, territoires agricoles disputés entre le Front et les nationalistes de la région Amhara. Des combats sont également signalés dans les régions Amhara et Afar, où quelque 150 000 personnes auraient été déplacées. Les forces tigréennes affirment avoir pris la localité d’Erebti dimanche après des échanges d’artillerie. Une frappe de drone a endommagé le bâtiment de la télévision régionale à Mekele, sans faire de victime selon les informations disponibles.
L’armée fédérale fait état de plus de 700 rebelles tués et d’environ 500 blessés depuis la reprise des hostilités, bilan qui ne peut être vérifié de source indépendante. La plupart des réseaux de télécommunications ont été coupés dans le nord du pays depuis le début du conflit, méthode déjà employée lors de la guerre précédente, où s’y ajoutaient la suspension de l’électricité et des services bancaires.
À Mekele, les habitants décrivent un climat de peur et des achats de précaution, alors que les prix alimentaires augmentent par anticipation des pénuries.
LNT