La scène artistique marocaine est en deuil. Abdelwahab Doukkali est décédé ce vendredi 8 mai à Casablanca à l’âge de 84 ans, selon plusieurs médias marocains. L’artiste aurait rendu l’âme dans une clinique privée de la métropole où il devait subir une intervention chirurgicale.
Avec sa disparition, le Maroc perd l’une des plus grandes figures de son patrimoine musical moderne. Compositeur, interprète et musicien hors pair, Abdelwahab Doukkali aura marqué plusieurs générations grâce à une œuvre devenue incontournable dans le paysage culturel marocain et arabe.
Né à Fès en 1941 dans une famille modeste, l’artiste quitte très jeune sa ville natale pour rejoindre Rabat puis Casablanca, où il fait ses premiers pas à la Radio Télévision Marocaine avant de poursuivre son ascension artistique entre le Maroc, l’Algérie et l’Égypte.
À partir des années 1960, Abdelwahab Doukkali s’impose comme une voix singulière de la chanson marocaine, mêlant modernité musicale, influences orientales et identité marocaine assumée. Ses chansons, interprétées aussi bien en darija qu’en arabe classique, ont profondément marqué le répertoire national.
Parmi ses titres les plus célèbres figurent notamment “Kan Ya Makan”, “Marsoul El Houb”, “Ma Ana Illa Bachar”, “Allah Hay” ou encore “Souk Al Bacharia”, devenus au fil des décennies des classiques intemporels de la musique marocaine.
Au-delà de la chanson, Abdelwahab Doukkali avait également laissé son empreinte dans le cinéma marocain, en composant plusieurs bandes originales et en apparaissant dans différents films. L’artiste était aussi connu pour sa passion pour les arts plastiques et la collection d’œuvres d’art.
Ces dernières années, le chanteur s’était fait plus discret, malgré quelques apparitions remarquées, notamment lors d’hommages organisés à Rabat et Meknès ou encore lors d’un retour sur scène très commenté au Théâtre Mohammed V.
L’annonce de son décès a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux et dans les médias marocains, où de nombreux artistes, journalistes et internautes saluent déjà la mémoire d’un artiste considéré comme l’un des derniers grands monuments de l’âge d’or de la chanson marocaine.
À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.
LNT