Arts

À Marrakech, l’exposition « Étoffes du temps » met en dialogue mémoire, matière et représentations du féminin

Par LNT
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La Galerie 208 accueille, du 14 mai au 15 juillet au sein du Mandarin Oriental Marrakech, l’exposition Étoffes du temps, une proposition artistique réunissant la photographe Majida Khattari et l’architecte et créatrice Soumiya Jalal autour d’un dialogue entre image, matière et mémoire féminine.

Inscrite dans le cadre du Mois de la photographie à Marrakech, cette exposition met en regard deux démarches artistiques distinctes qui interrogent, chacune à leur manière, les représentations du féminin, les héritages culturels et les formes de transmission.

Artiste franco-marocaine, Majida Khattari développe depuis plusieurs décennies un travail à la croisée de la photographie, de la performance et de l’installation, explorant notamment les questions d’identité, de représentation du corps et de regards croisés entre Orient et Occident. Son retour à Marrakech marque une nouvelle étape dans cette réflexion, à travers une série d’œuvres qui revisitent les codes visuels hérités de l’orientalisme européen.

Son approche repose sur un processus mêlant dessin, mise en scène et composition photographique, dans lequel le vêtement, le drapé et la construction du corps occupent une place centrale. À travers cette écriture visuelle, l’artiste interroge les récits historiques ayant façonné certaines représentations féminines, en proposant une relecture contemporaine de ces imaginaires.

Face à cet univers photographique, Soumiya Jalal déploie une démarche fondée sur la matière et la structure. Architecte formée à Paris, elle développe une pratique située entre architecture, artisanat et création plastique, qu’elle qualifie d’« archisane ». Son travail mobilise des matériaux tels que le cuivre, l’or, l’argent ou encore des structures métalliques pour composer des formes hybrides, à mi-chemin entre sculpture, textile et installation.

Ses créations explorent les notions de mémoire, de transmission et de transformation, à travers un langage plastique où les matériaux industriels sont réinterprétés dans une approche plus organique et sensible.

L’exposition repose sur cette confrontation entre deux écritures artistiques complémentaires : d’un côté, une réflexion photographique sur les constructions visuelles du féminin ; de l’autre, un travail sculptural centré sur la matérialité, les textures et les formes.

Patricia Chicheportiche, fondatrice de la Galerie 208, inscrit cette exposition dans une volonté de créer des passerelles entre des artistes dont les pratiques se répondent. « Je souhaite créer des ponts entre des artistes féminines engagées dont les pratiques convergent pour explorer la finesse », indique-t-elle, évoquant « une véritable conversation esthétique où les matières s’entremêlent harmonieusement ».

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