La place casablancaise a enregistré en octobre sa plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2022. D’après le rapport Strategy – Octobre 2026 de BMCE Capital Global Research, le MASI a terminé le mois à 16.537,91 points, en diminution de 6,74%, après une première correction de 4,93% en septembre.
Le repli a concerné l’ensemble du marché. Le MASI 20, regroupant les principales capitalisations, a perdu 6,75% sur le mois, tandis que l’indice des petites et moyennes capitalisations a reculé de 9,91%.
La capitalisation boursière s’est contractée de 6,54%, pour s’établir à 975,5 milliards de dirhams, repassant ainsi sous le seuil des 1.000 milliards de dirhams.
Selon BKGR, cette correction s’explique notamment par une réévaluation des risques et des rendements exigés par les investisseurs, dans un environnement caractérisé par des tensions géopolitiques, une hausse des prix énergétiques et des incertitudes sur les besoins de financement du Trésor.
L’activité boursière a également ralenti. Le volume global des transactions s’est limité à 4,48 milliards de dirhams, en baisse de 54,7% par rapport à octobre 2025.
Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) actions ont, pour leur part, enregistré des rachats nets de 1,33 milliard de dirhams sur les quatre semaines arrêtées au 9 octobre.
Cette évolution des marchés intervient alors que BKGR anticipe une croissance de l’économie marocaine de 4,7% en 2026 dans son scénario central, soutenue notamment par la demande intérieure et la reprise agricole.
Pour 2027, les analystes retiennent toutefois une prévision de croissance plus modérée, à 3,1%, avec des risques liés à l’environnement international et aux conditions de financement.
Sur le plan budgétaire, le déficit s’est réduit à 33,3 milliards de dirhams à fin septembre 2026, contre 50,6 milliards un an auparavant. En revanche, le déficit commercial s’est creusé à 323,9 milliards de dirhams, sous l’effet d’une progression des importations supérieure à celle des exportations.
Malgré la correction boursière, BKGR souligne la résilience des fondamentaux des sociétés cotées, dont la capacité bénéficiaire a enregistré une croissance à deux chiffres au premier semestre 2026.
Selon les analystes, une reprise durable du marché dépendra notamment de la stabilisation des rendements obligataires, de l’atténuation des tensions géopolitiques et énergétiques et du retour des flux d’investissement vers les actions.
LNT
