Le comité scientifique des indices de la Bourse de Casablanca, réuni le 30 octobre, a décidé de rétablir à titre transitoire les facteurs de flottant et de plafonnement en vigueur avant la révision annuelle du 29 octobre. La refonte des règles de gestion de l’indice doit être finalisée dans un délai d’un mois.
La décision fait suite aux turbulences provoquées par la révision annuelle. Le facteur flottant retenu pour Managem était passé de 15% à 10%, ramenant le poids de la valeur dans l’indice de 10,55% à 6,86%, soit un recul de 3,69 points. Selon des professionnels, cette modification a créé une surpondération mécanique pour les gérants indiciels, qui se sont trouvés contraints de vendre, le titre ayant été réservé à la baisse à l’ouverture du vendredi 30 octobre avant d’être suspendu.
La Bourse a motivé cette suspension par l’attente d’informations importantes concernant la société, sans en préciser la nature. La durée de la suspension et la date de reprise n’ont pas été communiquées, et aucun lien direct n’a été officiellement établi entre la révision des pondérations et cette interruption de cotation. Une plus-value d’environ 1,5 milliard de dirhams liée à la cession de 45% d’un projet aurifère au Soudan circule parmi les hypothèses, sans confirmation officielle.
La société avait publié des comptes semestriels en forte progression, avec un résultat net part du groupe de 3,77 milliards de dirhams contre 380 millions un an plus tôt, et un chiffre d’affaires plus que doublé, à 11,76 milliards, porté par les mines de Tizert au Maroc et de Boto au Sénégal.
Le comité précise que le rétablissement des anciennes pondérations ne constitue pas en soi une annonce sur la reprise de la cotation. La refonte annoncée portera sur l’intégration des nouvelles sociétés cotées, la méthodologie de calcul du flottant, les modalités de révision des facteurs de flottant et de plafonnement, le traitement des situations exceptionnelles et les délais de publication des révisions. Les nouvelles règles seront publiées avant leur entrée en vigueur.
L’épisode fait écho à l’intégration de SGTM à l’indice dès son premier jour de cotation, qui avait déjà suscité des interrogations sur la méthode. Il illustre la sensibilité d’un marché étroit, où le poids de quelques valeurs rend les gérants indiciels tributaires de décisions techniques.
LNT