Les échanges extérieurs du Maroc ont enregistré une nouvelle détérioration de leur solde commercial au terme des neuf premiers mois de 2026. Selon le bulletin mensuel des indicateurs des échanges extérieurs publié par l’Office des changes, le déficit commercial s’est établi à 323,94 milliards de dirhams (MMDH), contre environ 258,3 MMDH à la même période de 2025.
Cette évolution représente une aggravation de 25,4 %, sous l’effet d’une augmentation des importations de biens de 17 %, à près de 708 MMDH, tandis que les exportations ont progressé de 10,7 %, pour atteindre 384,05 MMDH.
L’écart de croissance entre les achats et les ventes de marchandises à l’étranger continue ainsi de peser sur l’équilibre commercial, malgré la progression des exportations industrielles.
L’analyse des importations fait apparaître une hausse dans l’ensemble des principales catégories de produits.
Les achats de produits bruts ont enregistré la progression la plus importante, avec une augmentation de 60,9 %, portant leur valeur à 52,06 MMDH.
La facture énergétique a également connu une hausse significative de 37 %, pour atteindre 111,59 MMDH. Cette évolution constitue l’un des principaux facteurs de l’alourdissement des importations marocaines.
Les acquisitions de produits finis d’équipement ont, pour leur part, progressé de 22 %, à 173,38 MMDH, reflétant notamment l’importance des besoins en biens d’investissement.
Les importations de produits finis de consommation ont augmenté de 9 %, à 162,69 MMDH, tandis que celles des demi-produits se sont accrues de 4,3 %, à 133,73 MMDH.
Enfin, les achats de produits alimentaires ont progressé de 2,9 %, pour s’établir à 72,54 MMDH.
Du côté des exportations, les performances demeurent contrastées selon les secteurs.
L’industrie automobile conserve sa position de premier secteur exportateur, avec des ventes dépassant 132,11 MMDH à fin septembre, en progression de 14,3 % sur un an.
Cette évolution est portée par les segments du câblage, dont les exportations ont augmenté de 16,1 %, de la construction automobile (+15,1 %) et de l’extérieur automobile (+39,3 %).
L’aéronautique affiche également une progression importante, avec des exportations de 26,21 MMDH, en hausse de 22,3 %.
Cette performance résulte notamment de l’augmentation des ventes du segment de l’assemblage (+27,5 %) et de celui des systèmes d’interconnexion de câblage électrique, ou EWIS (+12 %).
Les exportations agricoles et agroalimentaires ont, quant à elles, progressé de 10,7 %, à 72,43 MMDH, tandis que les ventes de phosphates et dérivés ont enregistré une légère augmentation de 0,2 %, à 74,65 MMDH.
En revanche, le textile et cuir accuse un recul de 5 %, avec des exportations de 32,15 MMDH. Le secteur de l’électronique et électricité enregistre également une baisse de 0,4 %, à 10,29 MMDH.
Contrairement au commerce des marchandises, les échanges de services continuent de dégager un solde excédentaire.
Selon l’Office des changes, l’excédent de la balance des services a progressé de 14,8 %, pour atteindre 135,8 MMDH à fin septembre 2026.
Cette amélioration résulte d’une augmentation des exportations de services de 13,1 %, supérieure à celle des importations, qui ont progressé de 11,3 %.
Le secteur touristique contribue notamment à cette dynamique. Les recettes voyages ont atteint environ 115,26 MMDH, en progression de 12,1 % par rapport aux neuf premiers mois de 2025.
Les dépenses voyages ont également augmenté, mais à un rythme plus modéré de 8 %, pour s’établir à 26,96 MMDH.
En conséquence, le solde positif de la balance voyages a atteint près de 88,3 MMDH, en amélioration de 13,4 % sur un an.
Les transferts de fonds effectués par les Marocains résidant à l’étranger ont poursuivi leur progression au cours des neuf premiers mois de l’année.
Selon l’Office des changes, ces transferts ont dépassé 103 MMDH à fin septembre 2026, contre 92,62 MMDH durant la même période de l’année précédente.
Cette évolution correspond à une augmentation de 11,3 %, confirmant le poids des transferts des MRE parmi les principales sources de devises du Royaume.
Ces flux contribuent notamment au financement des dépenses des ménages bénéficiaires et constituent une composante importante des recettes extérieures marocaines.
Les investissements directs étrangers enregistrent également une évolution favorable.
Le flux net des IDE au Maroc s’est établi à 35,24 MMDH à fin septembre 2026, en hausse de 58,4 % par rapport à la même période de 2025.
Cette progression résulte d’une augmentation des recettes d’investissements étrangers de 21,8 %, à 53,44 MMDH, conjuguée à une diminution des dépenses de 15,9 %, à près de 18,2 MMDH.
Concernant les investissements directs marocains à l’étranger (IDME), leur flux net a atteint près de 6,2 MMDH, soit une augmentation de 3,9 MMDH.
Les dépenses liées à ces investissements ont progressé de 43 %, à plus de 19,13 MMDH, tandis que les recettes provenant notamment des cessions ont augmenté de 16,5 %, pour atteindre près de 13 MMDH.
LNT
