La fonction publique civile de l’État compte 574 026 postes budgétaires en 2026, contre 583 267 dix ans plus tôt, et 69,6% de ces effectifs sont implantés dans cinq des douze régions du Royaume, selon le rapport sur les ressources humaines accompagnant le projet de loi de finances.
Rabat-Salé-Kénitra arrive en tête avec 25,3% des effectifs, devant Casablanca-Settat avec 14%, Fès-Meknès avec 11,8%, Marrakech-Safi avec 10,5% et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma avec 8%. Les sept autres régions se partagent 30,4%, Souss-Massa atteignant 7,4%, l’Oriental 6,6%, Béni Mellal-Khénifra 5,8%, Drâa-Tafilalet 4,8%, Laâyoune-Sakia El Hamra 2,9%, Guelmim-Oued Noun 1,9% et Dakhla-Oued Eddahab 1%.
La répartition des dépenses de personnel est plus concentrée encore, six régions en absorbant 78,14%. Rabat-Salé-Kénitra en capte 24,02%, Casablanca-Settat 16,36%, Fès-Meknès 11,48%, Marrakech-Safi 11,18%, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma 8,29% et Souss-Massa 6,81%. À l’autre extrémité, Laâyoune-Sakia El Hamra reçoit 3,24%, Guelmim-Oued Noun 1,91% et Dakhla-Oued Eddahab 1,13%.
Le rapport attribue le poids de la région de la capitale à la concentration des administrations centrales, ce qui relativise la lecture territoriale de ces données, une partie des effectifs rattachés à Rabat exerçant des missions nationales.
La masse salariale de l’État atteint 195,3 milliards de dirhams en 2026 et les dépenses de personnel ont progressé de 64,5% sur dix ans, pour un salaire mensuel net moyen de 10 732 dirhams, en hausse de 39,4% sur la même période. La stabilité des effectifs sur la décennie, en léger recul, met en évidence que la progression de la masse salariale provient des revalorisations et de la structure des rémunérations plutôt que des recrutements.
Le projet de loi de finances prévoit par ailleurs la création de 34 454 postes budgétaires, dont 14 200 pour le ministère de l’Intérieur. Le rapport rattache l’objectif de rééquilibrage territorial à la mise en oeuvre de la charte de la déconcentration administrative, qui doit transférer progressivement des compétences de l’administration centrale vers les services déconcentrés.
LNT