Au moins soixante-huit personnes ont été tuées et des dizaines blessées dans la collision survenue mercredi entre deux trains à grande vitesse près d’Urda, dans la province de Tolède, sur la ligne reliant Madrid à l’Andalousie. L’Espagne observe trois jours de deuil national, de jeudi à samedi.
Un train de la compagnie publique est entré en collision avec une rame d’un opérateur privé immobilisée sur les voies. Plusieurs voitures ont déraillé et certaines sont tombées en contrebas. Le bilan, provisoire, est passé d’une dizaine de morts dans les premières heures à quarante-six en soirée, puis à soixante-huit jeudi, plusieurs blessés demeurant hospitalisés, certains dans un état critique. L’ampleur des dégâts et la difficulté d’accès à certaines voitures ont compliqué les opérations de secours et l’identification des victimes.
Le ministre des Transports, Óscar Puente, a évoqué un problème de communication informatique affectant le système de sécurité dans le secteur, plusieurs trains s’étant arrêtés avant que le centre de contrôle reprenne la gestion de la circulation en mode manuel. Selon des informations de presse présentées comme préliminaires, un train aurait été autorisé à repartir alors qu’un signal était au rouge et que la rame immobilisée se trouvait encore devant lui, et aurait parcouru environ vingt-cinq kilomètres avant l’impact. La chronologie, les conditions de cette autorisation et la part respective des systèmes techniques et des opérateurs restent à établir.
La Guardia Civil a commencé à recueillir les témoignages du personnel du centre de contrôle. Les enquêteurs doivent exploiter les enregistrements, les données de circulation et les éléments techniques récupérés sur les rames. Une procédure judiciaire est ouverte et aucune responsabilité n’a été établie à ce stade. Le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, a promis que toute la lumière serait faite sur les causes.
L’accident intervient neuf mois après la catastrophe d’Adamuz, qui avait fait quarante-six morts en janvier. Le chef du gouvernement a indiqué que les deux accidents semblaient relever de causes distinctes.
Le Roi Mohammed VI a adressé un message de condoléances au Roi Felipe VI et à la Reine Letizia, exprimant ses profonds sentiments de compassion et assurant les familles endeuillées et le peuple espagnol de l’entière solidarité du Royaume. Aucune victime marocaine n’avait été recensée à ce stade, alors que l’Espagne abrite la première communauté marocaine d’Europe continentale et que la liaison concernée dessert l’Andalousie, région de forte présence marocaine.
LNT