Economie

Commerce extérieur : Renforcer la production locale pour réduire le déficit commercial

Par LNT
Chambre des représentants

Face à une progression des importations plus rapide que celle des exportations, le gouvernement entend accélérer le développement de la production nationale afin de réduire le déficit commercial du Royaume. Intervenant lundi 26 octobre devant la Chambre des représentants, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a annoncé la prolongation jusqu’en 2031 de la Feuille de route du commerce extérieur 2025-2027. Cette orientation vise notamment à encourager la fabrication locale de produits actuellement importés, à diversifier les marchés d’exportation et à élargir la base des entreprises exportatrices.

Selon le ministre, le Maroc dispose de capacités industrielles permettant de produire localement une partie des marchandises actuellement achetées à l’étranger. Il a notamment évoqué l’existence d’une importante banque de projets industriels, dont la concrétisation devrait être accélérée en collaboration avec le secteur privé.

Cette démarche vise à renforcer les capacités productives nationales et à réduire progressivement la dépendance aux importations dans les secteurs où une production locale peut être développée.

Des importations difficilement compressibles

Omar Hejira a toutefois souligné que la structure des importations marocaines limite les possibilités de réduction immédiate des achats à l’étranger. Selon les chiffres présentés, près de 69 % des importations sont difficilement compressibles, puisqu’elles concernent notamment les hydrocarbures, les céréales, les équipements et les intrants nécessaires à l’industrie nationale.

Le ministre a également rappelé que les grands chantiers engagés par le Royaume, notamment dans les domaines des autoroutes, du transport ferroviaire, des aéroports et des infrastructures sportives, nécessitent l’importation de nombreux équipements et matériaux.

Le gouvernement entend néanmoins encourager, au cours de l’actuelle législature, la fabrication locale d’une partie de ces produits, en accompagnant les entreprises nationales susceptibles de répondre aux besoins générés par ces investissements.

L’objectif est de renforcer l’intégration industrielle locale tout en limitant progressivement le recours aux fournisseurs étrangers pour certaines catégories de produits.

La Feuille de route du commerce extérieur prolongée jusqu’en 2031

Sur le volet des exportations, le ministre a annoncé la prolongation jusqu’en 2031 de la Feuille de route du commerce extérieur 2025-2027, avec l’intégration de nouveaux programmes.

Cette décision vise à inscrire les efforts de développement des exportations dans une perspective plus longue, en accompagnant la montée en capacité des entreprises marocaines et leur accès aux marchés internationaux.

Selon Omar Hejira, l’augmentation des exportations doit contribuer à la création d’emplois, à l’amélioration du chiffre d’affaires des entreprises et au renforcement de la qualité des produits nationaux.

Elle doit également favoriser leur conformité aux normes internationales et soutenir le développement des capacités industrielles du Royaume.

Une forte concentration géographique et sectorielle

Le ministre a également mis en évidence plusieurs déséquilibres structurels caractérisant les exportations marocaines.

Selon les données communiquées, près de 85 % des exportations nationales sont concentrées dans l’axe Tanger-El Jadida, ce qui traduit une répartition géographique inégale de l’activité exportatrice.

Sur le plan des destinations, environ 70 % des exportations marocaines sont orientées vers les marchés européens, principalement la France et l’Espagne.

La concentration concerne également les secteurs exportateurs, puisque six filières représentent à elles seules 92 % des ventes nationales à l’étranger.

À cela s’ajoute une forte concentration au niveau des entreprises : seulement 10 % des opérateurs exportateurs réalisent 90 % de la valeur totale des exportations marocaines.

Pour Omar Hejira, ces données soulignent la nécessité de diversifier les activités tournées vers les marchés internationaux et de favoriser l’émergence de nouvelles entreprises exportatrices.

Un déficit commercial qui continue de se creuser

Abordant l’évolution récente des échanges, le ministre a indiqué que le volume du commerce extérieur marocain avait atteint 952,4 milliards de dirhams à fin août 2026, contre près de 1.300 milliards de dirhams sur l’ensemble de l’année 2025.

Les exportations ont enregistré une progression de 8,7 %, tandis que les importations ont augmenté de 15,8 %, entraînant un creusement du déficit commercial.

Cette évolution met en évidence le décalage entre la croissance des ventes marocaines à l’international et celle des besoins d’importation de l’économie nationale.

Omar Hejira a toutefois rappelé que les échanges extérieurs du Royaume ne se limitent pas au commerce des marchandises. La balance des services a ainsi dégagé un excédent supérieur à 118 milliards de dirhams à fin août 2026, reflétant notamment la contribution des activités touristiques et la diversification des sources de devises. Dans ce contexte, le gouvernement entend poursuivre une approche combinant substitution de certaines importations, développement industriel et diversification des exportations.

LNT

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