Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit d’exonérer de manière permanente des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée l’importation de bovins, ovins, caprins et camélidés vivants, ainsi que de leurs viandes et abats frais, réfrigérés ou congelés. Le contingent de 300 000 bovins destinés à l’abattage, exonéré jusqu’au 31 décembre, est épuisé.
L’exonération, jusqu’ici reconduite par périodes, deviendrait structurelle. La dernière réactivation remontait à juillet, les abats étant alors ramenés à un droit de 30%. La suspension des droits sur les bovins datait d’octobre 2022, celle sur les ovins ayant été rétablie fin septembre 2025 après une interruption d’environ un an consécutive au recensement du cheptel.
Un second volet vise le coût de production. Le droit d’importation sur certains intrants de l’alimentation animale est ramené à 2,5%, contre des taux allant de 10% à 40%. Les tourteaux sont importés à 98%, dont près de 60% de graines de soja, et le Royaume est devenu importateur net de maïs, ce qui expose directement le prix de revient de l’élevage aux cours mondiaux.
L’épuisement du contingent de bovins a été annoncé par le nouveau ministre de l’Agriculture. L’ouverture d’un nouveau contingent, son volume et ses critères n’ont pas été précisés, le département n’ayant pas répondu aux sollicitations de la presse. Des professionnels plaident pour un contingent ouvert, réévalué périodiquement en fonction des volumes importés, des prix et de l’état du cheptel. Selon des opérateurs, l’absence de nouvelles importations à partir de la mi-novembre pourrait tendre les prix.
Au marché de gros de Casablanca, la viande bovine s’échangeait entre 80 et 110 dirhams le kilogramme le 21 octobre, les marges à l’étal pouvant atteindre 40 dirhams. Un opérateur évalue à 10 ou 11 dirhams par kilogramme l’incidence de la taxe sur la valeur ajoutée à l’importation et anticipe un mouton sur pied à 90 dirhams le kilogramme avant l’Aïd al-Adha, soit 5 à 10 dirhams de plus qu’en 2025. La fête religieuse intervient dans environ sept mois.
Le recensement a dénombré plus de 23 millions de têtes d’ovins. Des éleveurs estiment que près de 80% des abattages d’ovins portent sur des femelles, ce qui pèse sur la reconstitution du cheptel et limite la portée d’une politique centrée sur l’importation.
LNT
