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PLF 2027 : les entreprises publiques au cœur d’un programme d’investissement de plus de 209 MMDH

Par LNT
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Les établissements et entreprises publics (EEP) devraient mobiliser plus de 209 milliards de dirhams d’investissements en 2027, selon le rapport sur le portefeuille public accompagnant le projet de loi de finances (PLF). Cette enveloppe, quasiment stable par rapport à 2026, confirme leur rôle dans le financement des infrastructures et la mise en œuvre des politiques publiques. Elle s’accompagne toutefois d’une forte concentration des investissements sur quelques opérateurs et régions, tandis que les transferts budgétaires de l’État aux EEP poursuivent leur progression.

Le projet de loi de finances 2027 prévoit un investissement global de 209,16 milliards de dirhams pour les établissements et entreprises publics, hors opérations relevant du Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I). Ce montant est légèrement inférieur aux 209,64 milliards de dirhams prévus en 2026.

Ces investissements concernent principalement les infrastructures de transport, les réseaux de distribution d’eau et d’électricité, l’énergie, le logement et les services publics. Ils s’inscrivent dans la poursuite des programmes de développement engagés par les principaux opérateurs publics.

Les projections pluriannuelles font néanmoins apparaître une diminution des investissements à partir de 2028. Leur volume devrait revenir à 158,53 milliards de dirhams en 2028, soit une baisse de 24%, puis à 132,84 milliards en 2029, en recul de 16%. Sur la période 2027-2029, la moyenne annuelle dépasserait toutefois 166,84 milliards de dirhams.

Neuf opérateurs concentrent plus de 78% des investissements

La programmation de 2027 reste dominée par un nombre limité d’établissements. Neuf opérateurs concentreraient plus de 78% de l’enveloppe globale.

Les Sociétés régionales multiservices (SRM) arrivent en tête avec 39,6 milliards de dirhams, suivies du groupe OCP (31,31 milliards), de l’Office national des chemins de fer (29,02 milliards) et de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (16,49 milliards).

Le groupe Al Omrane devrait mobiliser près de 11,4 milliards de dirhams, devant l’Office national des aéroports (10,68 milliards), le groupe CDG (9,45 milliards), les Académies régionales de l’éducation et de la formation (8,23 milliards) et MASEN (plus de 7 milliards).

Cette répartition illustre le poids des grands projets d’infrastructures et des services collectifs dans les programmes d’investissement publics.

Casablanca-Settat conserve sa première place

La répartition territoriale des investissements demeure également concentrée. Les régions Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi devraient représenter ensemble 59,8% des investissements prévus en 2027, contre 62,5% en 2026.

Casablanca-Settat conserverait sa première position avec 64,85 milliards de dirhams, malgré une diminution de 5,2%. Sa part dans le total national passerait de 32,6% à 31%.

Rabat-Salé-Kénitra enregistrerait une progression de 3,7%, à 36,71 milliards de dirhams, tandis que Marrakech-Safi connaîtrait un recul de 13,8%, à 23,56 milliards.

La région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma devrait également enregistrer une baisse de 9,4%, avec 20,67 milliards de dirhams.

À l’inverse, plusieurs régions afficheraient des progressions, notamment l’Oriental (+31,4%), Drâa-Tafilalet (+17,7%) et Fès-Meknès (+17,2%). Ces évolutions contribueraient à une légère atténuation des disparités territoriales, sans remettre en cause la prédominance des principaux pôles économiques.

Un portefeuille public en pleine restructuration

À fin septembre 2026, le portefeuille public comptait 274 établissements et entreprises publics, dont 215 établissements publics et 59 sociétés anonymes à participation directe du Trésor.

Certains de ces organismes détiennent également des filiales et participations totalisant 556 entités, dont 51% sont majoritairement contrôlées.

Le rapport fait état de plusieurs évolutions intervenues entre 2025 et septembre 2026, notamment à travers la création de nouveaux organismes et la restructuration de certaines activités.

Au premier semestre 2026, quinze nouvelles filiales ont été créées, dont sept par OCP SA et cinq par MASEN. Les trois autres relèvent respectivement de l’ONCF, de l’Agence nationale des ports et de Marsa Maroc.

Dans le secteur de la santé, le déploiement des Groupements sanitaires territoriaux s’est poursuivi. Après une première expérience dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma en 2025, cinq nouveaux groupements ont démarré leurs activités en 2026, portant à six le nombre de régions concernées.

La réforme de la distribution de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement liquide s’est également concrétisée par l’opérationnalisation des douze Sociétés régionales multiservices en 2025.

Dans l’audiovisuel public, la constitution d’un pôle unifié autour de la SNRT a été finalisée en avril 2026, avec le transfert des participations de l’État dans SOREAD-2M, après l’intégration de Medi 1 Radio et de Medi 1 TV en 2024.

Des transferts budgétaires presque triplés en dix ans

L’évolution des relations financières entre l’État et les EEP constitue un autre enseignement du rapport.

En 2025, les transferts budgétaires de l’État aux établissements et entreprises publics ont atteint 72,9 milliards de dirhams, en hausse de 19,1% par rapport à 2024.

Sur une période de dix ans, ces transferts sont passés de 26,3 milliards de dirhams en 2015 à 72,9 milliards en 2025, soit une croissance annuelle moyenne de 10,7%.

Les établissements n’exerçant pas d’activité marchande ont bénéficié de 53,45 milliards de dirhams, représentant 73,3% du total, contre 19,45 milliards pour les organismes exerçant une activité marchande.

L’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle concentrent à eux seuls 51% des transferts, soit plus de 37 milliards de dirhams. Ils sont suivis de l’agriculture et de la pêche maritime (11%), de l’eau, de l’énergie et des mines (9%), des transports (8%) et des infrastructures et du développement territorial (6%).

La répartition par nature de dépenses montre que 60% des transferts ont été consacrés au fonctionnement en 2025, contre 29% à l’investissement et 11% aux dotations en capital.

Cette structure reflète notamment l’importance des ressources nécessaires au fonctionnement des établissements assurant des missions de service public.

Plus de 23 milliards de dirhams de contributions attendues en 2027

En parallèle des transferts reçus, les établissements et entreprises publics contribuent aux recettes de l’État à travers les dividendes, les parts de bénéfices, les produits de monopole et différentes redevances.

Selon le rapport, leurs versements au Budget général, hors cessions d’actifs et privatisation, devraient dépasser 23 milliards de dirhams en 2027, en hausse de 18% par rapport aux prévisions initiales de 2026.

Ces produits avaient atteint 20,61 milliards de dirhams en 2025, contre 8,95 milliards en 2015.

Toutefois, les contributions demeurent fortement concentrées. En 2025, l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) a versé 6,5 milliards de dirhams, devant OCP SA (6,18 milliards) et Bank Al-Maghrib (4,26 milliards).

Ces trois organismes ont représenté près de 82% des versements des EEP au Budget général. Leur contribution moyenne sur la période 2020-2025 s’est établie à environ 84% du total.

Cette concentration souligne les différences de modèles économiques entre les établissements publics, certains étant principalement financés par des dotations budgétaires, tandis que d’autres génèrent des ressources commerciales susceptibles d’être reversées à l’État.

ONCF, RAM et tourisme : plusieurs programmes structurants

Le secteur des transports figure parmi les principaux bénéficiaires des investissements publics.

L’ONCF poursuit notamment un programme de développement ferroviaire de 96 milliards de dirhams à l’horizon 2030. Il comprend 53 milliards consacrés à l’extension de la LGV Kénitra-Marrakech, 29 milliards destinés à l’acquisition de 168 trains et 14 milliards pour le maintien de la performance du réseau.

L’Office prévoit de transporter près de 100 millions de voyageurs en 2030, avec un chiffre d’affaires de 10 milliards de dirhams.

Pour 2026, ses prévisions de clôture tablent sur un chiffre d’affaires de 5,27 milliards de dirhams et un résultat net déficitaire de 652 millions. Les investissements devraient dépasser 29 milliards en 2027.

Dans le transport aérien, Royal Air Maroc prévoit de clôturer 2026 avec un chiffre d’affaires supérieur à 25 milliards de dirhams et 9,3 millions de passagers.

La compagnie poursuit son contrat-programme 2023-2037, qui prévoit notamment de porter sa flotte de 50 à 200 avions et d’ouvrir plus de 100 nouvelles destinations internationales.

L’Office national marocain du tourisme prévoit, pour sa part, 2,21 milliards de dirhams d’investissements en 2027, principalement consacrés au développement des liaisons aériennes, aux partenariats commerciaux et à la promotion de la destination Maroc.

Le Fonds Mohammed VI poursuit ses interventions

En dehors de l’enveloppe globale des EEP, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement poursuit le déploiement de ses instruments destinés à mobiliser des capitaux privés.

Ses engagements d’investissement devraient atteindre 8,8 milliards de dirhams en 2026, avec des décaissements cumulés de 2,1 milliards.

Le Fonds a notamment lancé une opération pilote d’accompagnement de 22 entreprises issues des douze régions du Royaume, afin de faciliter leur accès aux financements en fonds propres et quasi-fonds propres.

En 2027, il prévoit le lancement d’une nouvelle génération de fonds d’investissement et la poursuite de son intervention dans les projets stratégiques, notamment dans les secteurs de l’eau et de l’énergie.

LNT

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