La Chambre des représentants a accordé jeudi sa confiance au programme du gouvernement conduit par Fatima Ezzahra El Mansouri, par 204 voix contre 127 sur 331 suffrages exprimés. Le nombre de voix favorables reste inférieur aux 207 sièges de la coalition déclarée.
Le vote s’est tenu au titre de l’article 88 de la Constitution, qui subordonne l’investiture du gouvernement à l’approbation de son programme par la majorité absolue des membres de la Chambre des représentants, soit 198 des 395 sièges. Aucune abstention n’a été rapportée, les deux totaux annoncés correspondant exactement au nombre de suffrages exprimés. Soixante-quatre députés n’ont pas pris part au scrutin.
La séance a commencé à dix heures du matin et s’est prolongée jusque dans la soirée. Les échanges ont été particulièrement vifs dès les réponses de la cheffe du gouvernement aux interventions des groupes lors de la discussion générale. Les divergences ont porté sur les priorités économiques et sociales, sur la méthode de gouvernance annoncée et sur le bilan des majorités précédentes.
L’opposition a reproché au programme l’absence d’une vision réformatrice clairement établie, tandis que les groupes de la majorité ont mis en avant sa dimension sociale. Les affrontements les plus durs ont opposé les élus du Parti de la justice et du développement à ceux du Parti authenticité et modernité, dont le secrétaire général du premier avait promis, après les élections législatives du 23 septembre, d’obtenir l’éviction du second du gouvernement.
La majorité avait été constituée le 12 octobre, le parti de la cheffe du gouvernement s’étant accordé avec l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires et le Parti du progrès et du socialisme. Le gouvernement a été nommé cinq jours plus tard et son programme présenté au Parlement en début de semaine.
Les engagements chiffrés de ce programme portent sur environ 390 milliards de dirhams de dépenses prévues, sur un million d’emplois et sur un taux de croissance de 5% à l’horizon 2031. Les modalités de décompte de l’objectif d’emploi n’ont pas été précisées.
Le vote ouvre la phase opérationnelle de l’exécutif, dont la première échéance économique est la présentation du projet de loi de finances pour 2027, programmée vendredi devant les deux Chambres réunies.
LNT