Finance

PLF 2027 : l’État social et le pouvoir d’achat à l’épreuve des chiffres

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Le Roi Mohammed VI, a présidé un Conseil des ministres consacré à l’examen et à l’adoption des orientations générales du projet de loi de finances au titre de l’année 2027. Et, le ministre de l’Économie, des Finances et de l’Efficience publique a présenté devant Sa Majesté un exposé sur les grandes lignes du PLF2027.

Parmi les cinq priorités du PLF figurent la restauration du pouvoir d’achat et la consolidation des bases d’un État social durable. Soit, à partir de 2027, une réforme structurelle des marchés et des prix, des mesures de soutien au pouvoir d’achat, la poursuite de la généralisation de la couverture santé et la pérennité de ses régimes, une augmentation de la valeur du soutien social direct avec le doublement des efforts de mise à niveau des systèmes publics de santé et d’éducation, et le renforcement de l’accès au logement décent via le programme d’aide directe au logement.

Selon le ministre, le PLF 2027 prévoit la construction d’une économie forte, capable de financer l’ambition sociale et souveraine, tout en accélérant les réformes institutionnelles et en garantissant la stabilité des équilibres macroéconomiques et financiers.

Ces engagements de la loi de finances ont été corroborés par Fatima Ezzahra El Mansouri, Cheffe du gouvernement, qui dans sa présentation du programme devant le Parlement a affirmé « Nous voulons passer de l’élargissement de la généralisation de la protection sociale à la qualité du service. Nous voulons concentrer les ressources de l’État dans les priorités qui touchent les citoyens : emploi, conditions de vie, éducation, accès aux soins, logement ».

De fait, le pouvoir d’achat s’impose comme une priorité affichée à la fois dans le projet de loi de finances (PLF) 2027 et dans le programme du nouveau gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri. Au-delà des engagements, qui traduisent une continuité dans le temps, la question centrale est celle des mesures concrètes citées par la Cheffe du gouvernement et de leur financement, afin que leur impact réel sur le quotidien des ménages soit mesurable.

Comment la restauration du pouvoir d’achat et la consolidation de l’État social vont-elles profiter de la réforme structurelle des marchés et des prix à partir de 2027 ? Comment la revalorisation de l’aide sociale directe et la poursuite de la généralisation de la couverture médicale vont-elles se concrétiser au cours des cinq prochaines années, sachant que l’attente des citoyens est forte et le fossé profond ?

Il s’agit de confronter ces nouvelles promesses aux mesures déjà engagées par l’État. Ce qui existe déjà en matière d’aides sociales directes, de soutien aux ménages, de couverture médicale et d’aides au logement, sur la base des montants et des bénéficiaires concernés.

Concrètement, qu’est-ce qui changera réellement pour les ménages, et quelle en sera la traduction en coût budgétaire, avec un calendrier d’application à l’appui, pour que les bénéficiaires connaissent les gains de pouvoir d’achat qu’ils peuvent en attendre ?

Cette approche permettra de dépasser le simple inventaire des annonces pour poser une question essentielle, le PLF 2027 et le programme gouvernemental apportent-ils des réponses nouvelles à la pression sur le pouvoir d’achat, ou s’agit-il seulement d’amplifier et de prolonger les dispositifs déjà existants ?

Il faut que « le pouvoir d’achat » ne soit pas seulement présenté comme une priorité politique, mais qu’il se traduise par des mesures chiffrées, assorties d’un calendrier de mise en œuvre sur la période 2027-2031, avec des objectifs déclinés en dispositifs et un déploiement précisé dans le temps, dates d’entrée en vigueur à l’appui.

Pour ce faire, et pour démontrer que ce plan sera effectivement déployé, il faut également examiner les modalités de financement. D’autant, qu’une annonce chiffrée constitue un engagement vérifiable. En un mot, il faut que le gouvernement El Mansouri passe des priorités aux engagements chiffrés et programmés.

Certes, en agissant à la fois sur les revenus disponibles des ménages et sur les conditions économiques qui pèsent sur leurs dépenses, l’objectif affiché se donne des chances de réussir.

Mais, la portée de cette feuille de route se mesurera à sa traduction budgétaire et réglementaire. Il faut que les montants annoncés, les échéances fixées et les dispositifs envisagés constituent une base permettant d’évaluer l’action publique sur plusieurs années.

Car le véritable enjeu du quinquennat sera de transformer ces engagements en résultats mesurables pour les ménages marocains, avec davantage de revenus et une meilleure protection. Tout un programme…

 

Afifa Dassouli

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