Le Brent de la mer du Nord s’échangeait mardi matin à 110,10 dollars le baril, en hausse de 0,50%, après avoir atteint la veille 110,70 dollars, son plus haut niveau depuis le 20 mai. Le brut léger américain cotait 103,91 dollars sur le contrat de novembre et 98,93 dollars sur l’échéance de décembre, la plus active.
La progression s’explique par l’intensification des attaques contre les infrastructures énergétiques saoudiennes. Les Houthis ont revendiqué lundi des frappes contre une installation de la compagnie nationale saoudienne à Yanbu, contre le champ pétrolier de Shaybah et contre les aéroports de Riyad et d’Abha.
La sécurité du transport maritime inquiète également. Au moins dix-huit incidents visant des navires auraient été signalés en deux semaines selon des données de suivi maritime, et le détroit d’Ormuz reste exposé à de nouvelles attaques.
Deux facteurs jouent en sens inverse. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, affirme que les flux transitant par le détroit ont retrouvé environ 80% de leur niveau d’avant-guerre, amélioration dont les analystes soulignent la fragilité. Un décret présidentiel américain lève par ailleurs certaines sanctions et mesures tarifaires liées à la Russie, et un assouplissement supplémentaire pourrait accroître l’offre de carburants, sans qu’une décision définitive ait été annoncée.
L’écart avec les hypothèses officielles se creuse pour le Maroc. Le Fonds monétaire international retenait dans ses projections d’octobre une moyenne de 96 dollars le baril en 2026, et un consensus d’analystes établi en septembre tablait sur 89,05 dollars.
Le Royaume, importateur net de produits raffinés, a vu sa facture énergétique progresser de 32,6% à fin août et son déficit commercial se creuser de 25,4%, à 282,6 milliards de dirhams. Le gasoil est revenu à 15,61 dirhams le litre le 16 octobre après une baisse de 20 centimes, mais les niveaux actuels du brut rendent cette détente fragile. Le projet de loi de finances pour 2027, déposé mardi, retient une inflation contenue à 0,7% et un déficit budgétaire ramené à 3% du produit intérieur brut.
LNT