Politique

Programme Gouvernemental : La société civile insiste, la dignité du Marocain avant tout !

el mansouri
Crédits photo : MAP

À l’occasion de la présentation du programme gouvernemental devant le Parlement, le Comité de Coordination du Mémorandum « Maroc 2030 : Pour un État de droit, de justice, d’égalité et de développement durable » estime que notre pays se trouve à un moment politique et institutionnel décisif. L’enjeu dépasse l’annonce d’un nouveau programme : il s’agit de repenser les priorités, de réaffirmer la vocation sociale et démocratique de l’État et d’ouvrir une perspective politique à la hauteur des aspirations des citoyens à la liberté, à la dignité, à l’égalité et à la justice.

Les acquis constitutionnels, législatifs et institutionnels du Maroc, tout comme les grands chantiers de réforme et de développement engagés, ne sauraient masquer une réalité persistante : les droits reconnus ne sont pas toujours des droits garantis, les ressources publiques mobilisées ne produisent pas toujours les changements attendus et les promesses de réforme n’empêchent ni la reproduction des inégalités ni la persistance de la précarité, de l’exclusion et des discriminations.

Ce décalage interroge les choix politiques, la répartition des ressources et des opportunités, l’efficacité de l’action publique et la capacité des institutions à répondre aux revendications de la société.

Cela étant, l’horizon 2030 ne peut se résumer à une accumulation de grands projets, d’infrastructures et d’indicateurs économiques. Il doit être celui d’un Maroc plus démocratique, plus juste et plus équitable, où le développement sert l’être humain, les finances publiques garantissent les droits et les institutions répondent aux besoins des populations. Les droits, l’égalité et la justice ne peuvent être reportés au nom des contraintes budgétaires ou des impératifs de croissance.

Le véritable enjeu n’est pas de choisir entre développement économique et droits sociaux, entre stabilité et démocratie, ou entre investissement et justice territoriale. Il est de rompre avec des politiques fragmentées qui dissocient ce qui devrait être indissociable, pour construire une action publique cohérente, fondée sur les droits, l’égalité, la transparence, la redevabilité et des résultats tangibles.

Dans cette perspective, ledit Comité de Coordination appelle à ce que le programme gouvernemental traduise clairement dix engagements politiques et institutionnels majeurs, à savoir, la protection des droits humains et des libertés publiques et le renforcement de l’État de droit, en garantissant les libertés d’expression, de la presse, d’association et de réunion, en protégeant les défenseuses et défenseurs des droits humains, en respectant l’indépendance de la société civile et en faisant du respect des droits et de l’obligation de rendre compte une exigence de l’exercice du pouvoir.

A cela s’ajoute, faire de l’égalité réelle et de la parité une priorité politique et législative, en combattant les discriminations, en garantissant aux femmes un accès effectif au pouvoir et aux responsabilités décisionnelles. Le renouvèlement de la démocratie représentative et participative, l’instauration des finances publiques justes et transparentes, la réhabilitation des services publics et de l’État social.

Le Comité insiste aussi sur la nécessité de faire de la justice territoriale un choix politique contraignant, en mettant fin à la marginalisation des zones montagneuses, rurales, oasiennes et des territoires défavorisés, d’engager une transition écologique et de faire de la transparence en liant la responsabilité politique et administrative aux résultats des décisions et à leurs conséquences et en dernier lieu, approfondir la décentralisation et la démocratie territoriale,

Pour ledit Comité, ces dix priorités ne constituent ni un catalogue de revendications sectorielles ni une addition de mesures isolées. Elles forment un projet de société reposant sur cinq piliers indissociables : les libertés, l’égalité, la cohésion sociale, la justice et l’inclusion. Aucun ne peut être relégué au second plan sans compromettre la portée des autres.

La crédibilité du programme gouvernemental ne se mesurera ni aux promesses ni aux slogans, mais à la précision des engagements, aux moyens mobilisés, aux échéances fixées et aux résultats obtenus. Le Comité appelle à des mesures prioritaires durant les six premiers mois, accompagnées d’un agenda législatif et d’une programmation financière cohérents avec les exigences des droits, de la justice et de l’égalité.

La société civile indépendante doit être reconnue comme un acteur essentiel de ce nouveau contrat politique et social. Son rôle ne saurait être réduit à accompagner les décisions déjà prises ou à participer à des consultations sans effet.

Dans cet esprit, le Comité de coordination annonce son intention de remettre le Mémorandum « Maroc 2030 : Pour un État de droit, de justice, d’égalité et de développement durable » à la Cheffe du Gouvernement El Mansouri et aux Présidents des deux Chambres du Parlement, afin de contribuer à un dialogue institutionnel sérieux sur les choix de la prochaine étape : ‘‘ Le programme gouvernemental doit ouvrir la voie à une transformation réelle de la conduite des affaires publiques : passer des promesses aux engagements, des engagements aux résultats et des résultats à un impact durable sur la société’’, dit-on auprès du Comité de Coordination.

H.Z

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