Les responsables économiques et financiers réunis à Bangkok à l’occasion des Assemblées annuelles du FMI et du Groupe de la Banque mondiale ont examiné les principaux risques pesant sur l’économie mondiale et les réponses susceptibles de renforcer la résilience des États.
Cette rencontre, qui a rassemblé des représentants des gouvernements, des institutions financières internationales et du secteur privé, s’est déroulée dans un environnement caractérisé par des incertitudes persistantes sur les perspectives de croissance et les conditions de financement.
Les débats ont principalement porté sur la nécessité de préserver les équilibres macroéconomiques tout en maintenant les capacités d’investissement des États, notamment dans les infrastructures, les services publics et les secteurs stratégiques.
L’intelligence artificielle s’est également imposée parmi les sujets majeurs, en raison de ses effets potentiels sur la productivité, l’emploi et les besoins énergétiques.
Les perspectives de croissance et l’évolution de l’inflation ont occupé une place importante dans les discussions.
Les participants ont notamment examiné les conditions permettant aux économies de maintenir leur activité tout en maîtrisant les déséquilibres macroéconomiques.
Dans un contexte international incertain, les politiques économiques doivent composer avec plusieurs impératifs : soutenir la croissance, préserver la stabilité des prix et éviter une dégradation excessive des finances publiques.
Ces objectifs peuvent toutefois entrer en tension, particulièrement lorsque les gouvernements disposent de marges budgétaires limitées.
Les échanges ont ainsi souligné l’importance d’adapter les réponses économiques aux caractéristiques et aux vulnérabilités propres à chaque pays.
La résilience face aux chocs extérieurs constitue également un enjeu central, notamment pour les économies exposées aux fluctuations des prix internationaux, aux évolutions des conditions financières ou aux perturbations des échanges commerciaux.
Les discussions ont mis en évidence la nécessité de renforcer les capacités d’anticipation et d’ajustement des politiques économiques afin de limiter les effets de ces différents risques.
La soutenabilité des finances publiques a constitué un autre axe majeur des Assemblées annuelles.
Les échanges ont porté sur la maîtrise des dépenses publiques, l’efficacité des mécanismes de subvention et la préservation des capacités d’investissement des États.
La question est particulièrement importante dans les pays confrontés à des besoins élevés de financement, alors que les contraintes budgétaires limitent les possibilités d’intervention publique.
Les participants ont ainsi abordé la nécessité de mieux orienter les ressources disponibles vers les dépenses susceptibles de soutenir durablement la croissance et d’améliorer les conditions de vie des populations.
L’efficacité des politiques publiques et la qualité de la dépense constituent, dans ce cadre, des paramètres importants pour concilier les objectifs économiques et sociaux.
La mobilisation de financements supplémentaires a également figuré parmi les principales préoccupations.
Dans ce contexte, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé de nouveaux engagements à hauteur de 100 millions de dollars.
Cette annonce intervient alors que le financement du développement demeure confronté à des contraintes importantes, notamment en raison des besoins croissants des économies et des limites des ressources publiques.
Les discussions ont ainsi mis l’accent sur la recherche d’un équilibre entre discipline budgétaire, investissement productif et maintien des politiques sociales.
Au-delà des questions monétaires et budgétaires, l’intelligence artificielle a occupé une place transversale dans les travaux des Assemblées.
Cette technologie est considérée comme un facteur potentiel de transformation des systèmes productifs, avec des conséquences sur l’organisation du travail, les compétences et les modèles économiques.
Les discussions ont notamment porté sur les gains de productivité que pourrait générer son adoption, mais également sur les conditions nécessaires pour permettre à un plus grand nombre de pays et d’entreprises d’en bénéficier.
Les participants ont également examiné les interactions entre le développement de l’intelligence artificielle, l’augmentation des besoins énergétiques et les contraintes financières auxquelles font face les États.
L’essor des infrastructures numériques et des capacités de calcul pose en effet la question des investissements nécessaires pour accompagner cette transformation technologique.
Ces besoins doivent être pris en compte dans un contexte où plusieurs économies cherchent simultanément à maîtriser leur endettement et à financer leurs priorités de développement.
Les échanges ont ainsi souligné l’importance de politiques publiques capables d’accompagner les mutations technologiques sans accentuer les déséquilibres économiques.
La formation, l’adaptation des compétences et l’accès aux technologies figurent parmi les dimensions à considérer pour favoriser une diffusion plus large des bénéfices de l’intelligence artificielle.
Les Assemblées annuelles ont également permis d’aborder les difficultés rencontrées par les pays en développement pour mobiliser les ressources nécessaires à leurs projets économiques et sociaux.
La question du financement concerne notamment les infrastructures, les investissements productifs et les politiques destinées à soutenir l’emploi.
Dans un environnement marqué par des contraintes budgétaires, la mobilisation de capitaux privés apparaît comme l’un des moyens d’élargir les capacités de financement.
Les discussions ont ainsi porté sur la nécessité de renforcer les mécanismes permettant d’orienter davantage de ressources vers les projets de développement.
L’objectif est de concilier la préservation des équilibres financiers avec la poursuite des investissements nécessaires à la croissance.
Cette problématique concerne particulièrement les économies qui doivent répondre simultanément à des besoins importants en infrastructures, en services publics et en transformation productive.
Le Maroc a pris part aux travaux des Assemblées annuelles à travers une délégation composée de représentants du ministère de l’Économie et des Finances, de Bank Al-Maghrib et des représentations du Royaume auprès du FMI et de la Banque mondiale.
La délégation marocaine a participé aux différentes réunions et tenu plusieurs rencontres en marge de l’événement.
Lors de la 114e réunion du Comité du développement, instance conjointe de la Banque mondiale et du FMI, le Royaume a plaidé en faveur d’une mobilisation accrue des financements privés au service du développement.
Cette position s’inscrit dans les discussions internationales consacrées aux moyens de compléter les ressources publiques et de répondre aux besoins croissants d’investissement.
Le recours aux capitaux privés constitue notamment un enjeu pour les économies cherchant à accélérer la réalisation de leurs projets tout en préservant leurs équilibres budgétaires.
La participation marocaine a également été marquée par une évolution de son positionnement au sein des instances de concertation financière internationales.
En marge des Assemblées annuelles, le Maroc a été désigné pour assurer la deuxième vice-présidence du Groupe intergouvernemental des vingt-quatre (G24), à compter du 1er novembre 2026.
Cette instance coordonne les positions des pays en développement sur les principales questions monétaires et financières internationales.
Elle constitue un cadre de concertation sur les politiques économiques, le financement du développement et le fonctionnement du système financier international.
La désignation du Maroc à cette fonction lui permettra de participer davantage aux travaux de coordination des positions des pays membres.
Elle intervient dans un contexte où les discussions sur la réforme de l’architecture financière internationale et l’accès des économies en développement aux ressources financières occupent une place importante.
Les travaux de Bangkok ont mis en évidence les liens entre plusieurs enjeux qui structurent désormais les politiques économiques.
La croissance, la stabilité des prix, la soutenabilité de la dette, le financement des investissements et l’adoption des nouvelles technologies ne peuvent être envisagés indépendamment les uns des autres.
Les États doivent notamment composer avec la nécessité de préserver leurs équilibres budgétaires tout en mobilisant des ressources pour financer les transformations économiques.
L’intelligence artificielle ajoute une nouvelle dimension à ces arbitrages, en ouvrant des perspectives de productivité tout en nécessitant des investissements importants dans les infrastructures et les compétences.
Pour les pays en développement, la question de l’accès au financement demeure centrale afin de transformer ces perspectives en projets économiques concrets.
LNT
