Le Maroc doit renforcer sa compétitivité internationale en privilégiant l’innovation, la productivité et la création de valeur ajoutée plutôt que de s’appuyer principalement sur les coûts de production. C’est l’un des principaux messages formulés par les responsables de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), samedi 17 octobre à Casablanca, lors du forum « Entrepreneurs en mouvement : Transformer les priorités en actions ». Devant plus de 800 chefs d’entreprise, le président de la Confédération, Mehdi Tazi, et son vice-président général, Mohamed Bachiri, ont appelé à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle, à soutenir les TPME et à développer de nouvelles filières industrielles. Deux accords de partenariat ont également été signés dans les domaines de l’innovation, de la formation et de la santé.
La transformation du modèle de compétitivité de l’économie marocaine était au centre du forum « Entrepreneurs en mouvement : Transformer les priorités en actions », organisé samedi 17 octobre à Casablanca par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI.
Réunissant plus de 800 chefs d’entreprise, cette rencontre a été consacrée aux principaux leviers susceptibles d’accompagner la croissance de l’économie nationale, notamment l’investissement, l’innovation, l’intelligence artificielle, le financement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), la formation et le développement des exportations.
Les interventions du président de la CGEM, Mehdi Tazi, et de son vice-président général, Mohamed Bachiri, ont particulièrement insisté sur la nécessité de faire évoluer le positionnement international du Maroc vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
Dans son intervention à l’ouverture du forum, Mehdi Tazi a estimé que le Maroc devait poursuivre la transformation de son économie en renforçant sa capacité d’innovation.
« Une économie qui vend des heures de travail aura toujours un concurrent moins cher. Une économie qui vend de l’innovation se bat sur un autre terrain que celui du prix », a-t-il déclaré.
Pour le président de la CGEM, la compétitivité fondée principalement sur les coûts de production présente des limites dans un environnement international marqué par une concurrence croissante.
Il a ainsi plaidé pour un positionnement reposant davantage sur la technologie, les compétences et la création de valeur.
Mehdi Tazi a rappelé que le Maroc avait progressivement renforcé sa présence dans les chaînes de valeur mondiales grâce au développement de plusieurs secteurs, notamment l’automobile, l’aéronautique, l’offshoring, les engrais et les énergies renouvelables.
Il a également cité le rôle des infrastructures logistiques, particulièrement Tanger Med, dans l’intégration de l’économie nationale aux échanges internationaux.
Selon les chiffres avancés par le président de la CGEM, les exportations marocaines ont été multipliées par plus de quatre en vingt ans, pour atteindre 470 milliards de dirhams en 2025.
Cette évolution traduit, selon lui, les progrès réalisés par le Royaume en matière d’industrialisation et d’ouverture commerciale.
Le responsable a toutefois souligné que ce positionnement devait être consolidé par des efforts continus en matière d’investissement, de formation, de compétitivité et de développement des entreprises exportatrices.
Parmi les orientations défendues par Mehdi Tazi figure l’extension à de nouveaux secteurs du modèle de développement industriel appliqué à l’automobile et à l’aéronautique.
Ce modèle repose notamment sur l’implantation de grands donneurs d’ordre autour desquels se structure progressivement un réseau de fournisseurs et de sous-traitants.
Ces entreprises peuvent ensuite développer leurs compétences, améliorer leurs capacités de production et accéder à leur tour aux marchés internationaux.
Pour le président de la CGEM, cette démarche pourrait être reproduite dans d’autres filières présentant un potentiel de développement.
Il a également mis en avant plusieurs avantages compétitifs dont dispose le Maroc, notamment ses infrastructures logistiques et ses zones d’accélération industrielle.
Le responsable a par ailleurs évoqué le potentiel d’une électricité verte produite à un coût proche de 50 centimes le kilowattheure, soit, selon son estimation, environ deux fois moins que le coût actuel.
Cette perspective pourrait constituer un facteur de compétitivité pour les activités industrielles fortement consommatrices d’énergie, sous réserve de la concrétisation des conditions de production et d’approvisionnement correspondantes.
L’intelligence artificielle a occupé une place importante dans les échanges.
Pour Mohamed Bachiri, vice-président général de la CGEM, cette technologie devrait modifier profondément les conditions de la compétition économique, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.
« L’IA transforme déjà les métiers, les processus de production et les modèles économiques, offrant aux entreprises d’importantes perspectives en matière de productivité, de qualité, de développement de nouveaux services et d’accès à de nouveaux marchés », a-t-il souligné.
Selon lui, l’adoption des nouvelles technologies représente désormais un enjeu majeur pour les entreprises marocaines.
« Sur ce sujet, il faut aller vite car notre compétitivité reposera de plus en plus sur notre capacité à maîtriser la technologie et à en tirer la valeur », a-t-il affirmé.
Le vice-président général de la CGEM a notamment insisté sur la nécessité d’investir davantage dans les technologies, la recherche et développement et les compétences.
L’objectif est de permettre aux entreprises d’améliorer leur productivité, de développer de nouveaux produits et services et de renforcer leur présence sur les marchés.
Pour Mohamed Bachiri, le prochain palier de croissance de l’économie marocaine nécessitera ainsi un accroissement de la valeur produite, au-delà de la seule augmentation des capacités de production.
Le développement des TPME a constitué un autre axe important des interventions.
Mehdi Tazi a souligné que ces entreprises avaient besoin de plusieurs formes d’accompagnement pour renforcer leurs capacités de croissance.
Il a notamment évoqué l’accès aux fonds propres, les mécanismes de garantie bancaire et les possibilités d’accès aux marchés.
Ces différents leviers doivent permettre aux entreprises de financer leurs investissements, de développer leurs activités et d’améliorer leur compétitivité.
Concernant les startups, le président de la CGEM a insisté sur l’importance des premières commandes, qui permettent aux jeunes entreprises de tester leurs produits, de les améliorer et de disposer de premières références commerciales.
Cette question concerne particulièrement les entreprises innovantes, dont le développement dépend souvent de leur capacité à accéder à des clients et à démontrer la viabilité de leurs solutions.
Mohamed Bachiri a également mis en avant l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs marocains investissant des secteurs technologiques complexes.
Il a notamment cité les technologies de défense, l’agriculture de précision, le financement agricole, la transformation du commerce traditionnel et la mobilité urbaine.
Pour le vice-président général de la CGEM, ces initiatives illustrent les possibilités de développement de nouvelles activités à forte valeur ajoutée au Maroc.
Au-delà des enjeux technologiques et financiers, Mehdi Tazi a appelé à améliorer l’environnement administratif et réglementaire des entreprises.
Le président de la CGEM a notamment plaidé pour des procédures plus rapides, des règles plus claires et une fiscalité plus équitable.
Il a préconisé que les administrations soient tenues de répondre aux demandes des entreprises dans des délais préalablement définis.
Il a également insisté sur la nécessité de motiver les décisions de refus, afin de renforcer la transparence des procédures.
Ces propositions s’inscrivent dans les préoccupations du patronat concernant la prévisibilité de l’environnement des affaires et les conditions de réalisation des projets d’investissement.
Le responsable a également mis en avant les opportunités offertes par les stratégies nationales dans les domaines de la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, de l’industrie, du numérique et de l’intelligence artificielle.
Ces chantiers sont présentés comme autant de domaines susceptibles de générer de nouveaux investissements et de favoriser l’émergence de filières économiques.
Le forum a également été marqué par la signature de deux accords de partenariat.
Le premier est un protocole d’entente conclu entre la CGEM et le Conseil de la région Casablanca-Settat pour accompagner le développement du Morocco Innovation Lab (MIL).
Ce dispositif vise à soutenir les entreprises de la région dans leur transformation et leur montée en compétitivité.
Les actions envisagées concernent notamment la formation, l’accompagnement, l’accélération des projets et la mise en réseau des entreprises.
Le protocole prévoit de développer le MIL en tant que centre régional de compétences et d’innovation, avec une attention particulière portée aux TPME et aux startups.
Cette initiative entend ainsi contribuer à renforcer l’écosystème entrepreneurial régional et à faciliter l’accès des entreprises aux ressources nécessaires à leur développement.
Le deuxième accord a été signé entre la CGEM et la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé.
Cette convention-cadre vise à renforcer les liens entre le secteur de la santé et le monde de l’entreprise.
Elle prévoit notamment le développement d’une offre de formation adaptée aux besoins des entreprises, ainsi que des actions destinées à favoriser l’innovation collaborative.
La coopération Sud-Sud figure également parmi les axes retenus.
Le partenariat comprend, par ailleurs, des initiatives consacrées à la promotion de la santé et du bien-être au sein du tissu entrepreneurial.
L’objectif est de développer des programmes communs mobilisant les compétences et les ressources des deux institutions.
Les discussions du forum ont également porté sur l’attractivité internationale du Maroc, la valorisation de la marque nationale, l’évolution des modèles entrepreneuriaux et les perspectives de l’économie de la création de contenu.
Pour Mohamed Bachiri, le Maroc a renforcé sa capacité à attirer de grands investisseurs et à développer des filières industrielles intégrées aux chaînes de valeur internationales.
Il estime toutefois que la poursuite de cette dynamique nécessite de nouveaux efforts en matière de productivité et d’innovation.
Le vice-président général de la CGEM a également souligné l’importance de la qualité de l’exécution, du développement des compétences et de la capacité des dirigeants à adapter leurs stratégies aux transformations économiques.
Les responsables patronaux ont ainsi défendu une approche reposant sur plusieurs leviers complémentaires : l’investissement technologique, la formation, l’amélioration de l’environnement des affaires, le financement des TPME et le développement de nouvelles filières industrielles.
LNT
