INSA Connect Forum : les entreprises marocaines face au défi de l’intelligence artificielle

Par AL
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L’intelligence artificielle était au centre de l’INSA Connect Forum, organisé le 15 octobre à Casablanca par INSA Alumni Maroc, en partenariat avec la CGEM, Deloitte et Palo Alto Networks. Placée sous le thème « L’IA au Maroc : du Potentiel à l’Impact », la rencontre a réuni des dirigeants autour de ses effets sur la compétitivité, les modèles économiques et l’emploi.

En ouvrant la conférence, Mehdi Tazi, président de la CGEM, a souligné l’importance stratégique de l’IA pour le secteur privé marocain. Il a distingué les transformations possibles à long terme des effets déjà observables, notamment sur les métiers du conseil, du développement informatique et des services. Selon lui, l’IA permet aux professionnels d’accélérer leurs analyses et d’augmenter leur capacité de travail, mais les entreprises doivent encore convertir leurs investissements en gains de productivité mesurables.

Mehdi Tazi a également identifié deux axes de développement pour le Maroc : tirer parti de ses ressources solaires et éoliennes pour accueillir des centres de données, et accompagner les entreprises dans l’adoption de l’IA. Il a particulièrement insisté sur les besoins des PME, qui disposent de moyens plus limités pour investir dans ces technologies.

Deux tables rondes ont rythmé les échanges : « L’IA, nouvelle frontière de la compétitivité marocaine » et « De l’expérimentation à la transformation : leadership, organisation, compétences, comment passer à l’échelle ».

Les échanges de la première table ronde ont porté sur les conditions permettant aux entreprises de passer de l’expérimentation à une utilisation concrète de l’IA.

Dans son intervention, Redouane Bellefqih, CEO de Deloitte Maroc, a insisté sur la nécessité d’inscrire l’IA dans une stratégie définie par la direction générale. S’appuyant sur l’exemple d’un groupe international du secteur de la santé, il a expliqué que le déploiement de ces outils devait partir des besoins métiers, avec des objectifs et des indicateurs adaptés à chaque activité. Il a également souligné l’importance de la qualité des données, de la formation des équipes et de la maîtrise des risques liés à leur utilisation.

Abdeslam Alaoui Smaili, CEO de HPS, a abordé les enjeux de l’intégration de l’IA dans les activités d’une entreprise technologique spécialisée dans les paiements. Son intervention a notamment porté sur le rôle des données, l’organisation des équipes et la nécessité de structurer les projets pour en tirer des résultats opérationnels.

De son côté, Mourad Taoufiki, chairman de Lorax Capital Partners Maroc, a illustré les gains possibles à partir de son expérience chez Amazon. Il a évoqué l’utilisation de l’IA dans la génération de code, la prévision de la demande et la gestion des stocks. Ces applications permettent d’automatiser certaines opérations et d’améliorer l’organisation logistique. Il a toutefois souligné que l’enjeu ne se limite pas aux gains de productivité : les entreprises doivent aussi repenser leurs processus et la manière dont elles créent de la valeur.

Malika Ahmidouch, CEO d’Aishore, a pour sa part abordé les conséquences de l’IA sur le secteur de l’externalisation des services. Selon elle, l’automatisation remet en question le modèle historique fondé sur des tâches répétitives réalisées à grande échelle. Elle estime que les entreprises doivent se tourner davantage vers des activités spécialisées, notamment dans le cloud, la data, la cybersécurité et le développement logiciel.

Malika Ahmidouch a également souligné que l’IA pouvait accélérer la transformation numérique des entreprises marocaines, y compris les PME, en rendant accessibles des solutions auparavant coûteuses et longues à développer. Elle a plaidé pour une évolution des compétences vers des missions à plus forte valeur ajoutée.

Les échanges ont mis en évidence plusieurs conditions nécessaires à l’adoption de l’IA : une gouvernance claire, des données fiables, la formation des collaborateurs et une sélection rigoureuse des projets. La cybersécurité constitue également un enjeu central pour permettre un déploiement à plus grande échelle.

La matinée a également été consacrée à deux keynotes et à la présentation par Deloitte des enseignements de son étude internationale The State of AI in the Enterprise: The Untapped Edge.

L’après-midi a porté sur les applications opérationnelles de l’IA, avec trois sessions consacrées à la cybersécurité, aux agents d’intelligence artificielle et à l’élaboration d’une feuille de route permettant aux entreprises de prioriser, gouverner et déployer leurs projets.

Asmaa Loudni

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