L’Union européenne et la Chine ont conclu un accord plafonnant les importations de véhicules hybrides chinois à 350 000 unités par an sur quatre ans, avec un ajustement annuel de 6%. Pékin a par ailleurs accepté d’assouplir les licences d’exportation de terres rares et de lever certains droits de douane.
L’accord a été annoncé au terme du Conseil européen réuni cette semaine à Bruxelles, où le commerce avec la Chine figurait au premier rang de l’ordre du jour aux côtés des prix de l’énergie et du budget.
Les proportions en jeu éclairent la portée du texte. Le déficit commercial de l’Union avec la Chine s’élève à environ 360 milliards d’euros, alors que les exportations automobiles chinoises vers le bloc ne représentent qu’environ 15 milliards. L’automobile est donc moins l’enjeu principal que le symbole d’un rapport de forces plus large.
Les dirigeants européens ont d’ailleurs réclamé des quotas d’importation pour protéger la chimie et les machines industrielles. La Commission doit présenter d’ici la fin de l’année un instrument de diversification et un mécanisme de solidarité, et de nouvelles discussions sont prévues en janvier et en mars.
Le dossier intéresse directement le Maroc. L’automobile est le premier secteur exportateur du Royaume, les sites installés à Tanger et à Kénitra destinent l’essentiel de leur production au marché européen, et la région de Rabat-Salé-Kénitra concentre à elle seule 29% du chiffre d’affaires automobile national.
Le président français a annoncé mardi que Paris et Berlin finalisaient un accord destiné à mieux protéger l’industrie automobile européenne, en plaidant pour l’instauration d’un contenu européen dans les véhicules vendus sur le marché intérieur. La question reste de savoir si un tel mécanisme retiendrait une définition strictement communautaire ou s’il intégrerait les pays liés à l’Union par un accord d’association, statut dont bénéficie le Royaume depuis 2000.
LNT