Volodymyr Zelensky a annoncé jeudi la reprise des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, mettant fin à la suspension demandée par Donald Trump. Le président ukrainien a indiqué que son pays n’y renoncerait qu’en échange de la livraison de missiles intercepteurs Patriot par les États-Unis, en résumant sa position d’une formule : c’est fini.
Le président américain a qualifié cette reprise de honte. Il a affirmé que tout ce que faisait son homologue ukrainien consistait à faire grimper les prix mondiaux du pétrole, ajouté qu’il ne l’aimait pas beaucoup et déclaré qu’il était plus difficile de travailler avec Volodymyr Zelensky qu’avec Vladimir Poutine.
La séquence met un terme à un dispositif dont l’existence même avait été contestée. Donald Trump avait annoncé le dimanche 11 octobre sur son réseau social que la Russie et l’Ukraine étaient parvenues à un cessez-le-feu énergétique effectif immédiatement, annonce que le président ukrainien avait dit découvrir par la presse et que Moscou n’avait jamais confirmée. Kiev avait alors indiqué qu’il accepterait un tel arrêt si la Russie l’acceptait aussi.
Le contexte immédiat est celui de l’accord conclu le vendredi 9 octobre entre Washington et Moscou sur l’achat de diesel russe, présenté par le président américain comme un moyen de faire baisser les prix à la pompe avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. La Russie a partiellement levé le 10 octobre ses restrictions sur les exportations de diesel.
Selon des informations relayées en marge du Conseil européen, l’Ukraine se trouverait à court de missiles intercepteurs Patriot, ce qui éclaire la condition posée par son président. Des restrictions d’accès à un service de communication par satellite auraient par ailleurs perturbé ses missions de drones.
Les dirigeants européens réunis à Bruxelles ont critiqué l’accord conclu entre Washington et Moscou sur le diesel, à l’exception du premier ministre bulgare, qui s’en est démarqué pour le soutenir. L’Ukraine a par ailleurs adopté des textes législatifs qui doivent débloquer une tranche européenne de 3,7 milliards d’euros.
LNT