La région de Rabat-Salé-Kénitra représente 29% du chiffre d’affaires de l’industrie automobile marocaine, deuxième rang national derrière Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, qui en concentre 53%, et devant Casablanca-Settat, à 14%. Ces données portent sur l’exercice 2024 et proviennent du Baromètre de l’industrie marocaine 2025.
La performance industrielle globale de la région, tous secteurs confondus, atteint environ 101 milliards de dirhams en 2024, en hausse de 6,6% sur un an. Elle a quasiment doublé par rapport à 2021.
Le pôle s’est structuré autour de l’Atlantic Free Zone de Kénitra, qui accueille constructeurs et équipementiers de rang un et deux. La ville a bénéficié de sa position sur l’axe autoroutier et ferroviaire reliant Tanger à Casablanca, et de la proximité du port de Tanger Med comme du port Nador West Med pour les flux d’exportation.
À l’échelle nationale, les investissements dans le secteur automobile se sont élevés à 15,7 milliards de dirhams en 2024, contre 8,1 milliards en 2021, soit une progression d’environ 94% en trois ans.
Cette montée en puissance intervient au moment où l’Union européenne débat de l’instauration d’une préférence communautaire dans l’automobile. Le président français a annoncé mardi que Paris et Berlin finalisaient un accord destiné à mieux protéger l’industrie automobile européenne, et plaidé pour l’introduction d’un contenu européen dans les véhicules vendus sur le marché intérieur.
L’automobile est le premier secteur exportateur du Royaume et les sites installés au Maroc destinent l’essentiel de leur production au marché européen. Un mécanisme fondé sur un seuil de contenu régional constituerait donc un enjeu direct pour l’écosystème, selon qu’il retienne une définition strictement communautaire ou qu’il intègre les pays liés à l’Union par un accord d’association.
LNT