L’indice de confiance des ménages marocains s’est établi à 59,2 points au troisième trimestre 2026, contre 60,1 points au trimestre précédent et 53,6 points un an auparavant, selon les derniers résultats de l’enquête de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Malgré cette amélioration annuelle, les perceptions des ménages restent largement négatives, notamment concernant le niveau de vie, l’emploi, les prix alimentaires et les capacités d’épargne. Plus de trois ménages sur quatre estiment que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois, tandis que près de 96 % déclarent avoir constaté une hausse des prix des produits alimentaires.
La confiance des ménages marocains a légèrement diminué au troisième trimestre 2026, après une amélioration enregistrée au cours des premiers mois de l’année. Selon les résultats de l’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages, publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’indice de confiance des ménages (ICM) s’est établi à 59,2 points, contre 60,1 points au deuxième trimestre.
Cette évolution représente une baisse de 0,9 point sur trois mois. En comparaison annuelle, l’indicateur affiche toutefois une progression de 5,6 points, puisqu’il s’établissait à 53,6 points au troisième trimestre 2025.
L’indice demeure également supérieur aux niveaux enregistrés pendant une grande partie des années 2022 à 2025, période durant laquelle il avait évolué à des niveaux relativement bas.
Cette amélioration sur un an ne se traduit cependant pas par un retournement général des perceptions. Les résultats détaillés de l’enquête montrent que les ménages continuent d’exprimer des inquiétudes concernant leur pouvoir d’achat, les perspectives d’emploi et leur capacité à épargner.
La perception du niveau de vie reste l’un des principaux facteurs pesant sur la confiance.
Au troisième trimestre 2026, 76,3 % des ménages déclarent que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois, contre 18,5 % qui estiment qu’il est resté stable et seulement 5,2 % qui font état d’une amélioration.
Le solde d’opinion correspondant s’établit à -71,1 points, contre -73,1 points au trimestre précédent et -72,9 points un an auparavant.
Cette évolution traduit une légère atténuation des perceptions négatives, sans modifier le constat général : une large majorité des ménages considère que ses conditions de vie se sont détériorées.
Les perspectives pour les douze prochains mois demeurent également défavorables.
Selon le HCP, 51,7 % des ménages anticipent une nouvelle dégradation de leur niveau de vie, tandis que 39,6 % s’attendent à une stabilisation et 8,7 % envisagent une amélioration.
Le solde d’opinion relatif aux perspectives d’évolution du niveau de vie ressort ainsi à -43 points, contre -41,7 points au deuxième trimestre et -44,3 points à la même période de 2025.
Les anticipations se sont donc légèrement détériorées sur trois mois, tout en restant moins négatives qu’un an auparavant.
Les perspectives du marché de l’emploi constituent un autre facteur d’incertitude pour les ménages.
Au troisième trimestre 2026, 61,3 % des personnes interrogées s’attendent à une augmentation du chômage au cours des douze prochains mois, contre 17,3 % qui anticipent une diminution.
Le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit à -44 points, contre -38,8 points au trimestre précédent.
Cette évolution représente une détérioration de 5,2 points en trois mois, traduisant un renforcement des inquiétudes concernant les perspectives d’emploi.
En revanche, la comparaison annuelle fait apparaître une amélioration, puisque le solde d’opinion atteignait -56,4 points au troisième trimestre 2025.
Les perceptions relatives au chômage restent ainsi moins défavorables qu’un an auparavant, malgré le recul enregistré au cours du dernier trimestre.
Ces données reflètent les anticipations des ménages et ne constituent pas une mesure directe de l’évolution du taux de chômage.
Les intentions de consommation restent également marquées par la prudence.
Selon l’enquête, 63,8 % des ménages estiment que le moment n’est pas favorable à l’acquisition de biens durables, contre 14,5 % qui considèrent la période propice à ce type de dépenses.
Le solde d’opinion correspondant s’établit à -49,3 points, contre -50,6 points au deuxième trimestre et -57,7 points un an auparavant.
Cet indicateur enregistre donc une amélioration aussi bien sur trois mois que sur un an.
Toutefois, la majorité des ménages continue de considérer que les conditions économiques ne sont pas favorables aux achats importants.
Cette prudence peut notamment concerner les dépenses liées à l’équipement des ménages, qui nécessitent généralement une capacité de financement plus importante que les achats courants.
L’amélioration progressive de cet indicateur ne signifie donc pas nécessairement une reprise effective des dépenses, mais traduit une perception légèrement moins défavorable des conditions d’achat.
La situation financière des ménages demeure particulièrement contrainte.
Au troisième trimestre 2026, 58,2 % des ménages déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses.
En revanche, 39 % indiquent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne pour faire face à leurs besoins, tandis que seulement 2,8 % affirment parvenir à épargner une partie de leurs revenus.
Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle s’établit à -36,2 points, contre -36,1 points au trimestre précédent et -36,4 points un an auparavant.
Cet indicateur apparaît donc relativement stable, mais reste nettement négatif.
Concernant l’évolution de leur situation financière au cours des douze derniers mois, 44,9 % des ménages considèrent qu’elle s’est dégradée, contre seulement 4,7 % qui déclarent une amélioration.
Le solde d’opinion correspondant atteint -40,2 points, après -38,9 points au trimestre précédent.
Les perceptions se sont ainsi détériorées sur trois mois, malgré une amélioration par rapport au troisième trimestre 2025, lorsque cet indicateur s’établissait à -46,8 points.
Les anticipations financières pour les douze prochains mois sont plus partagées.
Selon le HCP, 65,1 % des ménages s’attendent à une stabilité de leur situation financière, 16,5 % à une amélioration et 18,4 % à une dégradation.
Le solde d’opinion ressort à -1,9 point, contre +0,1 point au trimestre précédent et -10 points un an auparavant.
Cette évolution montre que les perspectives financières sont devenues légèrement négatives après avoir été proches de l’équilibre au deuxième trimestre.
Les résultats de l’enquête mettent également en évidence les difficultés persistantes des ménages à constituer une épargne.
Au troisième trimestre 2026, 92,5 % des ménages estiment qu’ils ne seront pas en mesure d’épargner au cours des douze prochains mois.
À l’inverse, seuls 7,5 % considèrent qu’ils pourront mettre de l’argent de côté.
Le solde d’opinion relatif à la capacité future d’épargne s’établit ainsi à -85 points, contre -80,9 points au trimestre précédent et -80,8 points un an auparavant.
Il s’agit donc d’une détérioration à la fois trimestrielle et annuelle.
Cette évolution contraste avec l’amélioration observée sur un an de plusieurs composantes de l’indice de confiance.
Elle souligne la persistance des contraintes budgétaires ressenties par les ménages, dont une grande partie estime ne pas disposer de marges financières suffisantes pour constituer une épargne.
La perception de l’évolution des prix alimentaires demeure particulièrement négative.
Selon les résultats du HCP, 95,9 % des ménages déclarent avoir constaté une augmentation des prix des produits alimentaires au cours des douze derniers mois.
À l’inverse, seulement 0,4 % font état d’une diminution.
Le solde d’opinion correspondant s’établit à -95,5 points, contre -97 points au deuxième trimestre et un niveau identique au troisième trimestre 2025.
Cette évolution traduit une légère amélioration sur trois mois, mais confirme que la perception d’une hausse des prix alimentaires reste quasiment généralisée.
Les anticipations pour les douze prochains mois demeurent également orientées à la hausse.
Ainsi, 77,9 % des ménages s’attendent à une nouvelle augmentation des prix alimentaires, tandis que 21,1 % prévoient une stabilité et seulement 1 % anticipent une diminution.
Le solde d’opinion relatif à cet indicateur ressort à -76,9 points, contre -75,2 points au trimestre précédent et -81,4 points un an auparavant.
Les anticipations se sont donc légèrement détériorées sur trois mois, tout en restant moins négatives qu’à la même période de 2025.
Il convient toutefois de distinguer ces perceptions de l’évolution statistique des prix à la consommation. Les résultats de l’enquête mesurent le ressenti et les anticipations des ménages, et non directement le taux d’inflation.
Dans l’ensemble, les résultats du troisième trimestre 2026 font apparaître une situation contrastée.
D’un côté, l’indice de confiance des ménages demeure supérieur à son niveau d’un an auparavant, avec une progression de 5,6 points. Plusieurs indicateurs, notamment ceux relatifs aux achats de biens durables et aux perspectives de chômage, présentent également des soldes moins négatifs qu’au troisième trimestre 2025.
De l’autre, le recul trimestriel de l’ICM s’accompagne d’une détérioration de certaines anticipations, particulièrement en matière d’emploi, de niveau de vie et de capacité d’épargne.
Les contraintes financières restent importantes, comme l’illustrent les 39 % de ménages déclarant recourir à l’endettement ou à leur épargne pour couvrir leurs dépenses, ainsi que la très faible proportion de ceux qui parviennent à épargner une partie de leurs revenus.
La perception des prix alimentaires constitue également un facteur persistant d’inquiétude, près de 96 % des ménages estimant qu’ils ont augmenté au cours de l’année écoulée.
LNT
