Deux semaines après sa nomination par SM le Roi, la cheffe du gouvernement désignée a bouclé sa coalition. Quatre partis, dont les trois formations historiques de la Koutla, formeront la nouvelle majorité. Le RNI, à la tête de l’exécutif sortant, rejoint l’opposition.
La majorité gouvernementale est désormais constituée. Dans un communiqué conjoint publié lundi soir, le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS) ont annoncé leur alliance autour de Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement désignée. L’annonce est tombée peu avant 20 heures, après une journée d’attente. La rencontre prévue avec la presse a finalement été annulée.
Neuf sièges au-delà de la majorité absolue
La coalition rassemble 207 des 395 sièges de la Chambre des représentants. C’est neuf de plus que le seuil de la majorité absolue, fixé à 198 sièges. Le PAM, arrivé en tête des législatives, en apporte 97. L’Istiqlal suit avec 65 sièges, devant l’USFP (26) et le PPS (19).
L’alliance réunit autour du vainqueur du scrutin les trois partis historiques de la Koutla, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS. Le PAM disposera ainsi d’une majorité confortable, sans dépendre d’un partenaire unique.
Une première dans l’histoire politique du Royaume
Le PAM a remporté les élections législatives du 23 septembre. Le 29 septembre, le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement, en application de l’article 47 de la Constitution, et l’a chargée de former le nouvel exécutif. C’est la première fois qu’une femme est appelée à diriger le gouvernement au Maroc.
L’ancienne maire de Marrakech a ensuite mené deux tours de consultations avec plusieurs partis représentés au Parlement. Dans leur communiqué, les quatre formations expliquent s’être rapprochées en raison d’« affinités idéologiques et politiques » et d’« une même vision réformatrice ». Elles disent avoir tenu compte des résultats du scrutin, des priorités nationales et du contexte international.
Le texte présente cette majorité comme « une étape importante du parcours démocratique marocain ». Les partis s’engagent à soutenir « l’ambition de Sa Majesté le Roi » de bâtir un Maroc émergent. Leurs priorités communes sont le renforcement des droits et libertés, la bonne gouvernance, la justice sociale, l’équité territoriale et le développement des capacités productives de l’économie.
Le RNI bascule dans l’opposition
Fort de 66 sièges, le Rassemblement national des indépendants (RNI) dirigeait le gouvernement sortant. Il siégera désormais dans l’opposition, où il retrouvera notamment le Parti de la justice et du développement (PJD, 54 sièges) et le Mouvement populaire (MP, 29 sièges).
Deux autres formations ont choisi une position intermédiaire. Plus tôt dans la journée, l’Union constitutionnelle (UC, 17 sièges) et le Mouvement démocratique et social (MDS, 8 sièges) ont annoncé qu’ils apporteraient un « soutien critique » au futur gouvernement, sans y participer.
Prochaine étape : les portefeuilles et le programme
Il faut maintenant répartir les portefeuilles. Chacun des quatre partis proposera ses candidats aux postes ministériels. Selon le communiqué, ils seront choisis sur des critères de « compétence, de probité, d’intégrité et de sens politique ».
Les partis de la majorité se sont aussi engagés à élaborer « dans les plus brefs délais » un programme gouvernemental commun, qui fixera les grandes orientations du nouvel exécutif. Une organisation du gouvernement en grands pôles devrait par ailleurs être retenue.
LNT