Le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale a présenté à l’ouverture du salon de Marrakech l’industrie aéronautique nationale comme le socle d’une base industrielle de défense en construction.
Abdellatif Loudiyi a résumé l’objectif par la formule d’un passage « d’un pays qui importe des capacités de défense à un pays qui bâtit une capacité nationale ». Il a mis en avant trois leviers : un cadre juridique dédié, des zones industrielles réservées et un régime d’incitations, ensemble adopté ces dernières années pour attirer les équipementiers.
Le ministre a insisté sur la condition qui détermine la réussite de cette trajectoire : le transfert de technologies. L’implantation d’unités d’assemblage ne constitue une base industrielle que si elle s’accompagne d’une maîtrise locale de la conception, de l’intégration et du maintien en condition opérationnelle.
Deux annonces de la semaine illustrent cette orientation. Lockheed Martin a confirmé l’implantation à Benslimane d’une installation de maintenance lourde et de révision générale destinée aux C-130 Hercules et aux F-16, au lendemain du premier vol du F-16 Block 72 commandé par le Royaume. Harmattan AI s’engage de son côté sur une plateforme de production de systèmes autonomes et sur la fabrication locale du drone de frappe IRIFI.
Le secteur aéronautique marocain, bâti depuis deux décennies autour de la sous-traitance civile pour Airbus, Boeing et Safran, compte aujourd’hui plus de cent cinquante entreprises et constitue l’un des principaux postes d’exportation industrielle du Royaume. Le pari consiste à transposer ce tissu vers le segment de la défense, où les barrières à l’entrée tiennent moins au capital qu’à l’accès aux technologies sensibles.
LNT